Cancer colorectal : encore trop de diagnostics tardifs

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La prise en charge du cancer s'améliore. Et sa détection aussi. Mais il y a encore des progrès à faire, selon un rapport publié par l'Institut national du cancer. Dans le cancer du côlon ou du rectum, le diagnostic se fait encore trop tard.

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Repérer les tumeurs toujours plus tôt, c'est l'objectif. Mais en la matière, il semble que tous les organes ne soient pas égaux. Si la détection du cancer du sein est de plus en plus précoce, celle du cancer colorectal peine encore à progresser. C'est la principale conclusion d'un rapport publié ce 25 avril par l'Institut National du cancer (INCa) et Santé publique France.

Pour ce bilan, les tumeurs situées sur le côlon ou sur le rectum ont été analysées séparément. La variation est légère, mais dans les deux localisations, le taux de diagnostics à un stade d'extension régionale reste trop élevé : un cas sur trois correspond à une tumeur importante dans l'organe touché.

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Ce retard concerne surtout les patient.e.s âgé.e.s de moins de 40 ans ou de plus de 74 ans, qui ne sont pas concerné.e.s par le dépistage organisé. Plus inquiétant, le stade du cancer du diagnostic est avancé (stade 3) dans un cas sur cinq. Cela signifie que la tumeur commence à envahir les ganglions lymphatiques ou les tissus voisins.

Un impact sur les chances de survie

Etre diagnostiqué.e à ce stade d'évolution du cancer représente une réelle perte de chances. Plus la maladie est repérée tôt, plus le traitement est efficace. Ce qui affecte directement les chances de survie. Cinq ans après le diagnostic, 94 % des malades repéré.e.s au stade superficiel sont encore en vie. Ce taux tombe à 5 % si le cancer est détecté au stade métastatique.

La bonne nouvelle, c'est que le programme de dépistage organisé – qui consiste en un prélèvement des selles tous les deux ans – fonctionne, même s'il est trop peu suivi. Mais les Français.es semblent se relâcher par la suite : passés 75 ans, les diagnostics tardifs sont plus nombreux.

L'exemple du cancer du sein illustre bien cela. Dans la majorité des cas (60 %), la tumeur est repérée à un stade précoce. Mais après 75 ans, les choses se corsent. Les femmes de cette tranche d'âge représentent 20 % des cas de cancer… mais 34 % des diagnostics sont posés à un stade avancé.

Là encore, c'est une perte de chances. Lorsque la tumeur est de faible étendue, le traitement du cancer du sein permet d'atteindre un taux de survie à 5 ans de 87 %.

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