Cancer du rectum (anus)

Publié le 05 Novembre 2003 à 1h00 par Dr Renaud Guichard, chirurgien
Le cancer du rectum est fréquent et redouté car il est synonyme de gravité et d'anus artificiel. Cependant, des progrès considérables ont été réalisés par les chirurgiens afin de conserver au maximum l'anus naturel et de mieux ôter les ganglions malades. Ils emploient pour cela une nouvelle technique chirurgicale, assistée au préalable par la radiothérapie.
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Conseils pratiques en cas de saignement par l'anus

Un saignement par l'anus, même minime, et même s'il existe des hémorroïdes, doit amener à réaliser un toucher rectal par un médecin et à un examen du côlon par coloscopie. Une coloscopie doit également être faite systématiquement à partir de 45 ans chez tous les parents au premier degré (parents, enfants, frères et soeurs) d'une personne ayant eu un cancer du côlon ou du rectum.

A savoir : le cancer du rectum concerne autant les hommes que les femmes.

Quelles sont les causes du cancer du rectum ?

Le rectum est la partie terminale du côlon. Le cancer provient donc souvent, comme c'est le cas pour le côlon, à partir d'une lésion bénigne appelée polype, laquelle finit par se cancériser. Il apparaît surtout chez les hommes vers la cinquantaine. La plupart des cas sont spontanés, mais il existe aussi des formes familiales.

Cancer du rectum : quand consulter ?

Le cancer du rectum se forme très progressivement. Il n'est donc généralement pas douloureux (sauf dans les formes avancées). Il peut toutefois donner du sang dans les selles, même en quantité minime (de simples traces). Ce signe doit conduire à consulter sans tarder, même si on a déjà des hémorroïdes ou une fissure anale qui saignent également.

Les autres symptômes du cancer du rectum sont plus rares et s'observent surtout dans les formes avancées. Il peut s'agir d'une constipation, de douleurs, de brûlures ou de fausses envies d'aller à la selle.

Il est également indispensable de consulter à partir de 45 ans pour faire une coloscopie si on a un parent au premier degré atteint de cancer du côlon ou du rectum.

Sinon, il est important de participer au dépistage organisé du cancer colorectal (du côlon et du rectum), lequel repose sur la réalisation d’un test Hémocult II à partir de 50 ans (hommes et femmes), et qui consiste à rechercher des traces de sang dans les selles.

Cancer du rectum : que se passe-t-il lors de l'examen ?

Le premier examen, qui peut être réalisé par un médecin généraliste, est le toucher rectal. Pratiqué avec délicatesse, il est indolore. Il permet de dépister un cancer du rectum situé près de l'anus. L'examen principal est la coloscopie qui est faite par un gastro-entérologue. Cet examen nécessite une hospitalisation de jour, le plus souvent sous légère anesthésie générale après une purge du côlon par un produit laxatif puissant donné par voie orale. En cas de découverte d'un cancer du rectum, on pratique un scanner afin de voir et de définir l'extension de la tumeur dans le bassin. On peut également réaliser une échographie afin de dépister d'éventuelles métastases dans le foie. Enfin, si on a besoin d'une idée précise de l'envahissement de la paroi du rectum par le cancer, on passe une échoendoscopie du rectum qui se réalise à l'aide d'une sonde d'échographie introduite dans le rectum. Cet examen se fait sans anesthésie, car il est totalement indolore.

Quel est le traitement du cancer du rectum ?

La base du traitement du cancer du rectum est la chirurgie. Il s'agit en effet d'enlever le segment d'intestin qui contient la tumeur, et les ganglions tout autour qui pourraient être envahis. Le problème est que le rectum est situé à la partie terminale du côlon juste avant l'anus, il est donc parfois très difficile d'enlever un cancer du rectum proche de l'anus sans enlever celui-ci.

L'amélioration des techniques chirurgicales vise à conserver au maximum l'anus. Si cela n'est pas possible, un anus artificiel définitif est mis en place au niveau de la paroi de l'abdomen. Les séquelles possibles de la chirurgie du rectum sont des problèmes d'érection et d'éjaculation.

Avant la chirurgie, une radiothérapie est pratiquée dans les semaines qui précèdent afin d'éviter une récidive ultérieure de la tumeur. Enfin, dans les cas où l'on découvre des métastases, une chimiothérapie est proposée.