Alzheimer Infantile : qu’est-ce que la maladie de Niemann-Pick type C ?
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"Alzheimer infantile" : diagnostic et traitements

"Alzheimer infantile" : diagnostic et traitements© Adobe Stock

"Concernant le diagnostic, nous avons fait de gros progrès depuis 2012-2015. Auparavant, il était nécessaire de réaliser un prélèvement de peau et on cherchait à mettre en évidence la surcharge en cholestérol dans les cellules en culture. Il fallait 2 mois pour obtenir un résultat. Puis on recherchait les mutations génétiques. Maintenant, des dosages spécifiques réalisés sur une simple prise de sang permettent, s'ils montrent une anomalie, de passer rapidement à l'étude des 2 gènes.

Malheureusement, la maladie de Niemann Pick type C est encore aujourd’hui incurable. Toutefois, une bonne prise en charge améliore considérablement la qualité de vie des patients et on peut dans une certaine mesure ralentir l'évolution de la maladie et ainsi gagner de précieuses années. On peut traiter certains symptômes, tels que l’épilepsie, cataplexie, problèmes de déglutition, surinfections pulmonaires, etc...

Pour l'instant, un seul médicament spécifique, le miglustat, a une autorisation de prescription. "Il n’a pas d’effet sur les signes viscéraux, mais il permet d’améliorer certains symptômes neurologiques, en particulier les problèmes de déglutition. Il ne s’agit pas d’un médicament miracle, mais certains patients peuvent être stabilisés pendant plusieurs années", précise le Dr Marie Vanier. En revanche, même si des génériques sont maintenant disponibles, ce médicament est très coûteux, ce qui en limite l'emploi dans certains pays. 

Formule de la molécule du miglustat

Formule de la molécule du miglustat© Adobe Stock

Entre les troubles neurologiques, gastriques, moteurs, psychologiques et psychiatriques, la prise en charge doit être multidisciplinaire et associer aux divers médecins spécialistes les kinésithérapeutes, psychologues, nutritionnistes, etc…

Enfin, l’association ombrelle Vaincre les Maladies Lysosomales peut aussi apporter de l'information, du soutien et du réconfort aux patients et à leurs proches qui font face à cette maladie génétique très rare.

Trois molécules en essai clinique

Les chercheurs se sont intéressés à l'hydroxypropyl-bêta-cyclodextrine, un dérivé de la cyclodextrine. Les cyclodextrines sont très utilisées. On les retrouve par exemple dans le Febreze ou encore dans des cosmétiques, elles ont ainsi l’avantage d’être facilement accessibles. Il existe des formes de qualité pharmaceutique.

"Toutefois, l’essai clinique par voie intrathécale (par voie intrarachidienne) est en stand-by. La difficulté avec les maladies rares est que les traitements sont testés sur des très petits groupes - dans ce cas 50 patients à travers le monde - nous ne sommes donc pas à l’abri de biais liés au tirage des groupes, ou au choix des tests d'évaluation. Ici, les patients ayant reçu le médicament n'ont pas évolué durant la période de l'essai (ce qui était souhaité), mais les patients témoins non plus, contrairement à ce qui est habituel. Il faudra donc de nouvelles évaluations pour juger des effets de la molécule". Un essai parallèle avec administration par voie intra-veineuse a aussi débuté.

Une autre étude repose sur l'arimoclomol. Cette petite molécule induit dans les cellules une production accrue de composés qui, entre autres, régulent le contrôle de qualité au niveau de la chaîne de production des protéines. Elle a pour but de stabiliser les protéines mutées. "Les résultats présentés dans des congrès internationaux montrent une différence significative dans la pente d’évolution des patients traités par rapport aux non traités".

L’experte ajoute "le troisième médicament en cours de test est la N-acétyl-L-leucine. Il agirait surtout sur l’ataxie (manque de coordination fine des mouvements volontaires)".

La thérapie génique pourrait-elle être une solution ?

Le chemin sera encore long, selon la Dr Marie Vanier. "Il y a de nombreuses recherches, mais c'est compliqué du fait des propriétés de la protéine NPC1, qui ne peut pas passer d'une cellule à l'autre. Si tous les patients souffraient d’une mutation du gène NCP2, cela serait sûrement plus facile à mettre au point, car il s’agit d’une molécule soluble. Pour les patients NCP1 il faudrait toucher un maximum de neurones, en particulier dans le cervelet", prévient la spécialiste.

Toutefois, elle ne ferme pas complètement la porte. "Il y a deux ans, j’aurais dit : “oubliez”, mais je suis moins catégorique aujourd’hui, au vu des avancées technologiques. Pour la plupart des spécialistes, le traitement futur de la maladie de Niemann-Pick C combinera plusieurs approches ayant des modes d'action complémentaires, dont pourquoi pas aussi une thérapie génique ciblée, associée à diverses molécules médicamenteuses".

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Source : Merci au Dr Marie Vanier pour son aide.
L'association Vaincre les Maladies Lysosomales