8 habitudes dangereuses pour la vulve
Publié le 01 Février 2019 à 9h00 par Anne-Sophie Glover-Bondeau, journaliste santé

S’épiler de façon intégrale

L’épilation de la vulve pose deux soucis. Premièrement, l’épilation de cette zone intime, au rasoir, à la cire, ou à la crème dépilatoire notamment, peut être à l’origine d’irritations, d’allergies et même d’infections si cela crée de petites plaies. Ensuite, l’épilation totale rend la zone vulvaire plus fragile. "Les poils ont un effet protecteur à cet endroit. L’épilation laser est la pire car elle est définitive et elle prive cette zone de l’hydratation naturelle générée par les glandes sébacées" alerte le Dr Jean-Marc Bohbot.

Des études aux USA ont montré que les femmes épilées intégralement avaient un risque augmenté d’infections sexuellement transmissibles. Si néanmoins vous souhaitez être épilée intégralement, la méthode la moins nocive est d’utiliser un épilateur électrique. La simple épilation du maillot, elle, ne pose aucun souci !

Mettre du déodorant

Vous avez l’habitude d’asperger votre zone vulvaire de déodorant ? Mauvaise habitude ! "Les déodorants sont des produits très allergisants et irritants. Ils peuvent en outre contenir des sels d’aluminium dont l’inocuité pose encore problème. Le contact avec la zone génitale est donc vraiment à éviter" explique le Dr Jean-Marc Bohbot. Enfin, les déodorants stoppent les sécrétions naturelles or la zone vulvaire a besoin de rester très hydratée.

Porter des sous-vêtements synthétiques

Si vous avez des mycoses vaginales à répétition, mieux vaut éviter de porter des culottes en matière synthétique. "Les sous-vêtements synthétiques augmentent la transpiration locale" explique le Dr Jean-Marc Bohbot. Qui dit humidité dit plus de risque de mycose vagino-vulvaires. Mieux vaut privilégier des sous-vêtements en matières naturelles - coton ou soie - si vous êtes sensible aux mycoses.

Bronzer nue

Si vous adorez bronzer nue, votre vulve ne vous dit pas merci. "La vulve est une zone de peau extrêmement fine aussi il y a un risque de brûlures en cas d’exposition au soleil » explique le Dr Jean-Marc Bohbot. Si vous êtes sur une plage, des grains de sable peuvent aussi entraîner une irritation vagino-vulvaire. Alors mieux vaut porter une culotte de bain, même minimaliste.

Dormir avec ses sous-vêtements

Dans la mesure du possible, mieux vaut éviter de dormir avec ses sous-vêtements. Pourquoi ? "Les sous-vêtements en coton absorbent les sécrétions naturelles de la vulve, ceux en matière synthétique augmentent la transpiration locale" explique le Dr Jean-Marc Bohbot. Or, la vulve a besoin de rester bien hydratée pour être bien protégée et la macération favorise les mycoses. La nuit, laissez votre vulve respirer, en dormant avec juste un vêtement de nuit assez ample.

Utiliser des gels douche ou savons

Se laver la vulve avec le gel douche ou le savon utilisé pour le reste du corps est une habitude à abandonner. Pourquoi ? "La zone vulvaire est une zone particulièrement sensible et qui a besoin de garder une hydration importante. Les gels douche sont allergisants et ils assèchent la peau. Le savon de Marseille dessèche énormément" explique le Dr Jean-Marc Bohbot, gynécologue et infectiologue.

Son conseil pour nettoyer la vulve : utiliser des produits spécifiques pour la zone intime, ne contenant pas de produits antiseptiques de préférence. "Cela permet de préserver l’hydratation naturelle et le microbiote de la vulve, ce qui est important pour prévenir le risque d’infections" informe ce spécialiste. Le nettoyage de la vulve est à faire au maximum deux fois par jour. N’y ajoutez pas de nettoyages à l’eau seule, en sortant des toilettes par exemple. "L’eau déshydrate et n’élimine pas les débris microbiens" explique le Dr Jean-Marc Bohbot.

Attention au choix de la lessive pour vos sous-vêtements

Les lessives peuvent contenir des produits allergisants, agressifs. C’est particulièrement embêtant pour laver vos sous-vêtements, en contact avec la zone fragile qu’est la vulve. Pour prévenir les irritations de la vulve, évitez les lessives parfumées. Privilégiez une lessive hypoallergénique et de préférence en poudre car les lessives en poudre ne contiennent pas de conservateurs (allergisants potentiels).

Ne pas utiliser de préservatifs

L’utilisation des préservatifs est une protection contre les condylomes ou verrues génitales. Ces condylomes qui peuvent se localiser chez la femme sur la vulve, les grandes ou les petites lèvres, ou dans le vagin et chez l’homme sur le pénis, le prépuce, le gland, le scrotum, sont dus au papillomavirus, virus sexuellement transmissible. C’est la plus fréquente des infections sexuellement transmissibles. "Le préservatif protège la femme s’il recouvre les lésions chez l’homme" précise le Dr Jean-Marc Bohbot.

Cet article vous a intéressé ?

Recevez encore plus d'infos santé, en vous abonnant à la quotidienne de E-sante.

Votre adresse mail est collectée par E-sante.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.

Source : Remerciements au Dr Jean-Marc Bohbot, médecin infectiologue, Directeur Médical de l’Institut Alfred Fournier à Paris, auteur de Microbiote vaginal : la révolution rose, Comment les nouvelles découvertes sur la flore vont transformer votre santé intime, Éditions Marabout, janvier 2018