Vivre avec la maladie de Verneuil (hidrosadénite)

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 19 Octobre 2016 : 16h08
Mis à jour le Mercredi 19 Octobre 2016 : 16h08
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La maladie de Verneuil (hidrosadénite suppurée) se manifeste par des lésions cutanées au niveau des plis du corps. C’est une maladie particulièrement douloureuse et invalidante dans la vie quotidienne, avec un impact socioprofessionnel considérable. À ce jour, la France est seul grand pays européen qui ne rembourse pas l’unique médicament novateur très efficace chez la moitié des patients. Explication avec le Dr Ziad Reguiaï, dermatologue à la clinique Courlancy à Reims.

La maladie de Verneuil est une maladie très fréquente avec plus de 500.000 personnes touchées en France. Dans la grande majorité des cas, il s’agit d’une forme légère selon la classification de Hurley. Mais pour 20 à 26% des patients, la maladie est sévère, avec des poussées chroniques ou récurrentes très douloureuses.

Qui est à risque de développer la maladie de Verneuil ?

Il existe un terrain génétique. Des mutations ont été identifiées, mais on ne pratique pas de test génétique de dépistage en pratique courante. Pour 30% des patients, on retrouve chez un parent proche une maladie de Verneuil ou des signes cliniques qui s’en rapprochent. Il s’agit d’une maladie à dominance féminine : on compte environ 3 à 4 jeunes femmes touchées pour un homme. Enfin, l’âge moyen de survenue est de 20 ans, mais le plus souvent la maladie a déjà débuté dès la puberté.

À quoi reconnait-on la maladie de Verneuil et quel impact sur la vie quotidienne ?

Le diagnostic de cette maladie est clinique, ne nécessitant ni test sanguin ni biopsie. Il est très simple, reposant sur la détection de lésions au niveau des plis (sous-mammaires, inguinaux, axillaires, etc.) évoluant par poussées récurrentes ou chroniques. Ces lésions forment des nodules inflammatoires, des boules douloureuses, des abcès ou des fistules (formant des trous) qui peuvent suinter de manière chronique. « Mais malgré la simplicité du diagnostic, l’errance diagnostic est énorme », précise le Dr Ziad Reguiaï. « On estime qu’il faut 8 ans entre la survenue de la première lésion et le diagnostic de maladie de Verneuil, et 6 médecins différents pour porter ce diagnostic ultrasimple à faire. Ce retard est lié au fait que les médecins ne connaissent pas cette maladie et au fait que les lésions sont prises pour des poils incarnés ou des furoncles ». L’impact est donc double pour les patients qui doivent supporter seuls leur maladie et la méconnaissance des médecins.

Il faut bien comprendre que souvent les lésions apparaissent dans des zones intimes, difficiles à montrer (géniales, sous-mammaires), et au moment de l’adolescence, une période difficile également et généralement assez pudique. De plus, ces lésions évoluent par poussées totalement imprévisibles et très douloureuses.

La douleur est le symptôme majeur de la maladie : survenant au niveau des plis, elle se manifeste à la fois à la marche et en position assise. Quand les lésions finissent par percer, elles coulent et tachent les vêtements et s’accompagnent d’une odeur désagréable en raison du développement bactérien. En l’absence de diagnostic, le coût est non négligeable, achat de compresses, consultations médicales, etc. Certains patients en viennent à inciser eux-mêmes leurs lésions pour vider les abcès. Le handicap est aussi professionnel. « Imprévisibles, les périodes de poussées sont parfois tellement douloureuses qu’elles empêchent de rester en position debout, et imposent des arrêts maladie à l’origine de manques à gagner, de discrimination, licenciement, isolement. »

Cette maladie est très invalidante dans la vie quotidienne. « La plupart des études attestent que la maladie de Verneuil exerce un impact bien supérieur à celui des autres maladies chroniques, indique le Dr Ziad Reguiaï. Certaines études attestent par ailleurs que 20% des personnes touchées par la maladie de Verneuil présentent aussi des troubles anxio-dépressif liés à leur maladie. »

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 19 Octobre 2016 : 16h08
Mis à jour le Mercredi 19 Octobre 2016 : 16h08
Source : En collaboration avec le Dr Ziad Reguiaï, dermatologue à la clinique Courlancy à Reims.
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