Rhume des foins - rhinite

Cette affection est ainsi nommée parce qu'elle était associée au temps des récoltes.

Les personnes qui souffrent du rhume des foins sont "sensibilisées" au pollen des arbres, aux graminées - le gazon et le foin particulièrement - ou encore à l'ambroisie.

Lorsque ces graines entrent en contact avec leurs yeux ou leurs voies respiratoires, leur système immunitaire met en branle une réaction inflammatoire. Cette réaction entraîne la dilatation des vaisseaux sanguins et l'augmentation des sécrétions liées à l'apparition des symptômes du rhume des foins.

Les premiers symptômes apparaissent normalement vers l'âge de 7 ou 8 ans. Il n'est pas rare, cependant, que certaines personnes soient affectées à un âge plus avancé. L'importance des symptômes peut varier au fil des années. Pendant quelque temps, les symptômes peuvent être latents, mais l'allergie, elle, ne disparaît jamais. On estime qu'environ 20 % de la population souffre de rhinite allergique saisonnière.

Ses manifestations sont multiples :

  • écoulement nasal clair ou congestion nasale ;
  • éternuements ;
  • nez qui pique, yeux, palais ou gorge qui démangent, occasionnellement accompagné de douleurs ;
  • yeux rouges et larmoyants ;
  • fatigue, perte d'énergie ;
  • insomnie et maux de tête, causés par la congestion ;
  • asthme, sinusites, otites (particulièrement chez les enfants), dans les cas plus graves.

Hérédité
Bien que les chercheurs s'expliquent mal pourquoi certaines personnes sont sensibles au pollen alors que d'autres ne le sont pas, il paraît d'ores et déjà évident que l'hérédité joue un rôle important. Si les deux parents ne sont pas allergiques, un enfant a 10 % de risques de l'être. Si l'un des deux est allergique, le risque est de 30 % et il grimpe à 60 % si le père et la mère sont touchés.

Exposition au pollen
Pour développer le rhume des foins, une personne doit être en contact avec une quantité suffisante de pollen sur une période prolongée. On a d'ailleurs remarqué parmi les immigrants chinois que l'allergie à l'ambroisie - plante qui n'existe pas en Asie - se manifeste quatre ou cinq saisons après leur arrivée en Occident. Le système immunitaire doit atteindre un certain degré d'exposition avant de réagir.

Utiliser des antihistaminiques
Ces médicaments sont très efficaces pour soulager les symptômes. Afin de prévenir les crises d'allergie, vous pouvez prendre ces produits de façon quotidienne pendant la saison allergique, spécialement si vous souffrez d'une atteinte aux yeux. Les antihistaminiques sont particulièrement efficaces pour soulager les conjonctivites.

Garder les fenêtres fermées
Les courants d'air constituent une voie de circulation privilégiée pour le pollen. Vous éviterez ainsi d'emplir la maison de ces minuscules particules.

Rechercher les endroits climatisés
Installez un climatiseur dans votre domicile si vous pouvez le faire. Les climatiseurs font circuler l'air contenu à l'intérieur, en limitant l'apport d'air frais de l'extérieur. L'entrée du pollen est donc limitée.

Éviter de faire sécher draps et vêtements à l'extérieur
Le pollen contenu dans l'air risque de se poser sur les tissus et d'entrer, par leur entremise, en contact avec vos voies respiratoires.

Se méfier des changements climatiques
Méfiez-vous des journées les plus propices au déclenchement des symptômes allergiques : ce sont les journées ensoleillées et venteuses qui suivent les jours de pluie. Lorsqu'il pleut, le pollen est projeté au sol, ce qui limite son impact. Mais comme la pluie rend les plantes plus vigoureuses, leur pollinisation augmente et le vent contribue ensuite à faire voyager le pollen jusqu'à vous. Dans ce cas, essayez de limiter le plus possible vos sorties et prenez des antihistaminiques de façon préventive.

Prévenir les crises d'allergie
Essayez d’identifier les conditions dans lesquelles se manifestent habituellement vos crises d'allergie (lors des journées venteuses, quand vous jouez au golf ou rendez visite à un ami à la campagne…). Il est ainsi plus facile d'éviter ces crises en prenant un antihistaminique de façon préventive.

Vous n'obtenez pas de réponse satisfaisante avec les antihistaminiques et vos symptômes perturbent vos activités quotidiennes et votre sommeil.

Afin de déterminer si vous êtes victime du rhume des foins, le médecin considère la "saisonnalité" de vos symptômes afin de voir s'ils concordent avec la période de floraison des plantes concernées.

Pour pouvoir confirmer le diagnostic, des tests cutanés permettent d'observer la réaction du corps lorsqu'il est mis en présence de pollen.

Lorsque le traitement par les antihistaminiques se révèle insuffisant, le médecin prescrit généralement des anti-inflammatoires à base de corticostéroïdes, qui s'administrent par vaporisateur nasal ou par inhalateur. Il est important de suivre la posologie de ces produits pour obtenir le maximum d'efficacité.

Seule la désensibilisation ou immunothérapie permet de guérir le rhume des foins. Ce traitement repose sur l'administration d'extraits d'allergènes à une dose croissante, sur une période de plusieurs années. Les injections sont devenues rares, au profit des gouttes sublinguales ou des comprimés à placer sous la langue.

Ce traitement a pour but d'améliorer la tolérance au pollen du système immunitaire. Cette approche permet d'atténuer, voire d'éliminer les symptômes du rhume des foins.  L'immunothérapie est efficace dans environ 70 % des cas.

publié initialement le <span class="field field--name-created field--type-created field--label-hidden">06/09/2001 - 02h00</span> et mise à jour par <a href="/taxonomy/term/19206" hreflang="fr">Dr Philippe Presles</a> le 07/05/2014 - 09h01

Guide familial des maladies publié sous la direction du Dr André H. Dandavino - Copyright Rogers Média, 2001. Association Asthme & Allergies, http://asthme-allergies.org.

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