Le poisson prévient le cancer colorectal

Publié par Dr Philippe Presles le Mardi 28 Juin 2005 : 02h00
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Le risque de cancer colorectal est fortement réduit chez les mangeurs de poisson. Cette conclusion provient de l'étude prospective EPIC, la plus grande étude réalisée à ce jour sur les relations entre l'alimentation et le cancer. Les auteurs précisent que près de 70% des cas de cancer colorectal pourraient être évités dans les pays occidentaux… simplement en modifiant nos habitudes alimentaires.

La viande rouge et la charcuterie étaient suspectées depuis longtemps en tant que facteurs de risque du cancer colorectal. Mais c'est la première fois qu'une étude de telle envergure le confirme, et qui de plus, montre une relation aussi forte.

Près de 500.000 personnes âgées de 35 à 70 ans ont été recrutées entre 1992 et 1998, dans dix pays européens, dont la France. En début d'étude, tous les sujets étaient indemnes de cancer. Après un suivi de 5 ans en moyenne, 1.329 cancers colorectaux ont été recensés.

Les volontaires ont été répartis dans quatre catégories en fonction de leurs habitudes alimentaires en produits protéinés : consommateurs de viandes rouges (boeuf, veau, porc et agneau), de charcuteries, de volailles ou de poissons (frais, en boîte, salé, fumé, surgelé).

La consommation régulière de viandes rouges et de charcuteries augmente le risque de cancer colorectal. Ce risque est accru de 30% chez ceux qui en mangent une à deux portions par jour, par rapport à ceux qui n'en consomment qu'une portion par semaine. La volaille n'exerce aucun effet.En revanche, les mangeurs de poisson (une portion tous les deux jours) voient leur risque diminuer de 40%, comparativement à ceux qui mangent du poisson moins d'une fois par semaine. C'est ainsi que selon auteurs, près de 70% des cancers colorectaux pourraient être évités dans les pays occidentaux en changeant notre mode d'alimentation.

En revanche, l'explication de ces effets reste à l'état d'hypothèses. Les auteurs évoquent la formation de précurseurs cancérogènes pendant la cuisson de la viande à forte température ou une inhibition de la cancérogenèse par les acides gras insaturés présents dans les poissons gras. Une autre piste implique le fer, apporté en grande quantité par la viande rouge.

Fer et triglycéride : une association cancérogène

A propos de cette dernière hypothèse, une étude vient d'être publiée, démontrant un rôle important de l'association entre le fer et les triglycérides dans la survenue d'un cancer, qu'ils peuvent tripler en cas d'élévation.

Ainsi, la protection conférée par les poissons pourrait s'expliquer par le fait qu'ils apportent peu de fer, contrairement à la viande rouge, et font chuter le cholestérol.

Double avantage

En conclusion, mangeons moins de viandes rouges et de charcuteries, au profit du poisson. A noter que cette recommandation fait également partie des conseils préventifs des maladies cardiovasculairesAinsi les poissons protègent à la fois contre les cancers et les maladies cardiovasculaires.

Publié par Dr Philippe Presles le Mardi 28 Juin 2005 : 02h00
Source : Journal of National Cancer Institute, 97 (12) : 906-916, 15 juin 2005, Etude EPIC (European prospective investigation into cancer and nutrition) ; Am J. Epidemiol., 161 (12) : 1115-1122, 2005.
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