À Paris, la pollution tue davantage les défavorisés

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 19 Octobre 2015 : 15h01
Mis à jour le Lundi 19 Octobre 2015 : 15h01

À Paris, les populations défavorisées sont-elles plus sensibles aux effets néfastes de la pollution atmosphérique ? L’Inserm répond affirmativement à cette question après une analyse des décès survenus entre 2004 et 2009.

Les effets de la pollution varient selon les profils socio-économiques

Notre capitale a été choisie comme cadre de cette étude pour deux raisons :

  • la concentration en polluants varie beaucoup en fonction des zones géographiques (selon Airparif, les plus polluées sont situées à proximité des grandes voies de trafic, le long du périphérique, de la Seine et dans le nord-ouest. La pollution en dioxyde d’azote étant essentiellement associée au chauffage et au trafic routier) ;
  • les quartiers accueillent des populations aux profils socio-économiques variés (les plus défavorisées étant principalement localisées à l’est et au nord de la ville, les plus favorisées dans le centre et la partie ouest).
PUB

Les catégories sociales modestes sont les principales victimes de la population

Après avoir analysé les causes de 79.107 décès survenus à Paris chez des habitants de plus de 35 ans entre 2004 et 2009, les chercheurs de l’Inserm concluent qu’il existe une hausse de la mortalité lors des pics de pollution. Mais ils montrent également que les personnes les plus défavorisées sont plus vulnérables aux variations de la pollution atmosphérique, même lors d’épisodes brefs de pollution. Exposée quotidiennement à des niveaux importants de pollution, cette population « subit un risque encore plus élevé lors des pics de pollution ».

Autrement dit, la pollution fragilise en continu les plus défavorisés, lesquels sont « emportés » plus facilement lors des pics de pollution.

Les effets de la pollution, qu’elle soit chronique ou ponctuelle, ne doivent pas être négligés. Il est nécessaire de s’en protéger quotidiennement, mais aussi de respecter les consignes lors des pics de pollution.

Pour ceux qui ont la possibilité de choisir leur lieu d’habitation : évitez la proximité des grandes artères et les rez-de-chaussée où se concentre lapollution. On recommande également de consulter les cartes de pollution pour notamment adapter ses activités : www.airparif.asso.fr.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 19 Octobre 2015 : 15h01
Mis à jour le Lundi 19 Octobre 2015 : 15h01
Source : Deguen Séverine, et coll.,   PlosOne, Published: July 21, 2015, DOI: 10.1371/journal.pone.0131463, http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0131463.
PUB
PUB
A lire aussi
Air, pollution et cancer : trop d'idées reçuesPublié le 30/01/2006 - 00h00

Les questions d'environnement font l'objet de débats contradictoires et passionnés. Il semble opportun de clarifier certaines vérités et de chasser les idées reçues. Faut-il aérer pendant les pics de pollution ? La situation s'aggrave-t-elle encore ? Le port de masque est-il efficace ? La...

Peut-on faire du sport en cas de pic de pollution ?Publié le 18/08/2004 - 00h00

Le sport, c'est bon pour la santé, et il est même fortement recommandé de pratiquer un sport régulièrement tout au long de sa vie. Mais qu'en est-il en période estivale, lorsque la pollution culmine ? Est-il judicieux de faire du sport ? Le tour de cette réponse en 8 points clés.

Cancer en hausse chez l'enfantPublié le 29/12/2004 - 00h00

Les cas de cancer chez l'enfant et l'adolescent européens ont nettement augmenté au cours des trente dernières années. Et la tendance s'accélère. Les causes de cette hausse du cancer chez l'enfant restent mal connues.

Plus d'articles