La pollution automobile triple le risque de faire une crise cardiaque

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 10 Novembre 2004 : 01h00
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Le risque d'infarctus du myocarde triple dans l'heure qui suit une exposition au trafic routier. Même si le stress peut jouer un rôle dans cette association, la pollution automobile semble bien être la principale responsable.

Nombre d'études ont déjà suggéré l'implication de la pollution automobile dans l'exacerbation des maladies cardiovasculaires, le risque de décès cardio-respiratoire chez les sujets résidant à proximité d'un axe routier, le risque majoré d'infarctus du myocarde chez les conducteurs professionnels, la fréquence accrue des décès par ischémie cardiaque chez les policiers réglant la circulation à Rome, etc.Il s'agit cette fois d'une étude allemande, menée auprès de 690 patients ayant fait un infarctus du myocarde non fatal. Tous connaissaient l'heure de survenue de l'infarctus et ont répondu à un questionnaire, précisant notamment les différentes activités réalisées le jour de l'accident cardiaque et pendant les quatre jours précédents : phases de sommeil, niveaux d'activités durant la journée, périodes passées à l'extérieur, les différents lieux, les moyens de transport, la survenue d'une colère ou d'une joie extrême, un stress, l'exposition à des solvants ou à des poussières, etc.Les patients sont en majorité des hommes (77%) et 70% d'entre eux sont âgés de plus de 55 ans.

Au final, il s'avère que l'exposition au trafic routier était plus fréquente le jour de l'infarctus que durant les trois jours précédents. Une heure avant sa survenue, l'exposition était deux fois plus fréquente qu'à n'importe quel autre moment. Les auteurs estiment que l'exposition à la pollution routière a triplé le risque de faire un infarctus dans l'heure suivante.

Certes, la voiture est le lieu d'exposition le plus fréquent, mais le risque existe également dans les transports en commun (bus), en moto ou à vélo. Et les autres facteurs de risque transitoires, comme le stress, un effort en vélo ou un lever matinal, ne modifient en rien cette constatation.

Le stress contribue certainement à la survenue d'un infarctus, mais la pollution est ici le principal facteur de risque, puisque par exemple, celui-ci est le même que l'on soit au volant de sa voiture ou passivement installé dans un bus.Un très bel argumentaire pour lutter contre la pollution automobile

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 10 Novembre 2004 : 01h00
Source : New England Journal of Medicine, 1716 et 1721, 21 octobre 2004.
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