Obésité : pourquoi vouloir perdre du poids ?

Publié par Dr Philippe Presles le 19/07/2005 - 02h00
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Jusqu'à aujourd'hui, la réponse était claire : pour diminuer les risques cardiovasculaires et de diabète. Une nouvelle étude, évaluant la mortalité des personnes ayant ou non perdu du poids, affine cette logique…

Aujourd'hui, la France compte près de 20 millions d'adultes en surpoids ou obèses. Depuis de nombreuses années, la lutte contre le surpoids fait partie des actions de santé publique. En effet, l'excès pondéral est associé à une hausse du risque cardiovasculaire et de diabète de type 2, non insulinodépendant.On peut ainsi s'attendre à ce que la perte de poids chez les sujets obèses s'accompagne d'une amélioration du profil cardiovasculaire, d'une baisse du risque de diabète et d'une diminution de la mortalité.

Ceci est exact pour ceux qui présentent un risque cardiovasculaire effectif (hypertension artérielle, cholestérol et/ou triglycérides élevés, glycémie à jeun supérieure à 1,10g/l). En revanche, pour les sujets en surpoids, ne présentant pas de risque cardiovasculaire effectif, maigrir ou grossir augmente la mortalité, alors que le maintien du poids est bénéfique.

L'excès de mortalité a ainsi été évalué au sein d'une population de près de 3.000 sujets en surpoids ou obèses ne présentant aucun risque cardiovasculaire. Les auteurs ont réparti les volontaires en différents groupes, selon leur intention de maigrir et la perte réelle de poids obtenue. Ils constatent ainsi que la perte de poids, intentionnelle ou non, n'a aucun effet sur la mortalité à six ans. Ainsi, les personnes qui ont perdu du poids et celles qui en ont pris, présentent un excès de mortalité respectivement de 43% et 46%, par rapport à celles qui ont conservé un poids stable. Et ce sont justement les sujets qui avaient l'intention de maigrir, mais dont le poids est resté stable, qui présentent la plus faible mortalité. Quant à la mortalité la plus élevée, elle est observée parmi les sujets qui ont perdu du poids de manière intentionnelle. Et ceci, même comparativement aux personnes ayant perdu du poids de façon involontaire.

Les auteurs précisent que comparée à la pratique physique, la restriction calorique ne permet pas de diminuer à long terme l'excès de mortalité associé au surpoids, en l'absence de facteur de risque cardiovasculaire objectif.

Pour expliquer ce phénomène, plusieurs hypothèses sont avancées : la perte de poids pourrait entraîner la libération de substances toxiques des tissus adipeux, ou encore serait associée à différents effets biologiques, certains bénéfiques, d'autres néfastes.

En pratique, la priorité pour les personnes en surpoids est de ne plus grossir. Ensuite, si vous voulez maigrir pour raison personnelle, mieux vaut le faire avec le suivi d'un professionnel de santé.

En conclusion, les recherches doivent se poursuivre. Mais parallèlement, la prévention du développement du surpoids reste essentielle, et urgente ! Rappelons qu'un Français sur dix est obèse, tandis qu'un sur trois présente un surpoids.Plus de 41% des plus de quinze ans sont touchés par un problème de surpoids ou d'obésité. Et ce phénomène ne cesse d'augmenter. Si rien n'est fait, la France comptera 20% d'obèses en 2020.

Publié par Dr Philippe Presles le 19/07/2005 - 02h00 Thorkild I.A. Sorensen et coll., PLOS Medicine, Vol 2, n°6, 2005.
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loatiti

Pourquoi avoir tolérer des produits artificiels, avoir laisser faire les industries de l'agro-alimentaires pendant des années et continuer à les laisser faire ?

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