43% des médecins prêts à mentir pour le plus grand bien de leurs patients

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 20 Avril 2015 : 10h32
Mis à jour le Lundi 20 Avril 2015 : 11h32

Une enquête réalisée par Medscape révèle que 43% des médecins français se déclarent prêts à mentir à leurs patients pour les protéger, voire améliorer leur prise en charge. Un pourcentage bien supérieur à celui rencontré aux États-Unis notamment.

Les médecins français sont-ils des menteurs ?

Mescape a mené une enquête sur l’éthique des médecins. Plus de 21.500 réponses de praticiens exerçant dans 49 pays ont été analysées.

43 % de médecins français sont prêts à relativiser les risques pour obtenir l’adhésion du patient. En Europe, ce pourcentage est de 27%, alors qu’il n’est que de 10% aux États-Unis. Surprise également, les cardiologues sont « les plus menteurs » puisque 56% d’entre eux, tous pays confondus, avouent qu’ils peuvent cacher une partie de la réalité à leurs patients, par exemple en leur présentant plus favorablement les risques d’une intervention ou d’un traitement thérapeutique.

Ainsi, ces « petits arrangements » de diagnostic et de traitement sont réalisés « dans l’intérêt du patient », pour favoriser l’observance, c’est-à-dire l’adhésion au traitement, pour ne pas les inquiéter, les laisser espérer, les infantiliser, les isoler, générer la méfiance, etc.

Cette enquête révèle également que 43% des médecins français sont prêts à de pas révéler une erreur médicale lorsque celle-ci ne nuit pas au patient (contre 19% aux États-Unis), pour ne pas « entacher la relation » médecin-patient et porter « préjudice à la position de pouvoir ».

Enfin, 30% des praticiens français (26% des Américains) seraient prêts à prescrire un placebo à un patient qui réclame un traitement avec insistance alors qu’il n’en pas besoin.

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Que retenir en pratique ?

Aux États-Unis, la peur des procédures judiciaires est beaucoup plus présente qu’en France en raison d’un système juridique très stricte. De plus le mensonge est culturellement davantage réprimé Outre-Atlantique.

En France, la loi Kouchner de 2002 sur le principe de transparence vis-à-vis du malade ne suffit pas toujours à faire passer la vérité médicale avant la psychologie.

En conclusion, si vous ne voulez pas de que votre médecin vous cache des choses, pensez tout simplement à le lui demander très clairement ! Et n’oubliez pas que si 43% sont prêts à mentir dans votre intérêt, 57% ne le font pas dont 36% qui ne le feront jamais, soit la majorité…

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 20 Avril 2015 : 10h32
Mis à jour le Lundi 20 Avril 2015 : 11h32
Source : Sondage Medscape 2015, « Les médecins français et l’éthique médicale », http://www.medscape.fr/public/ethique.
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