Vivre près d’un aéroport nuirait aux artères des hommes

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Les hommes qui vivent près d'un aéroport sont plus exposés aux effets du bruit sur la santé que les femmes, d'après une étude réalisée en France.

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Des milliers d'avions décollent et atterrissent chaque jour en France. Pour le plus grand bonheur des voyageurs. Les riverains, eux, en sont moins satisfaits. Et leur santé s'en ressent.

D'après une étude publiée dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, le fait de vivre près d'un aéroport est associé à un risque accru d'hypertension artérielle. Mais nous ne sommes pas tous égaux face à ce constat : les scientifiques n'ont dressé cette association que pour les hommes.

Pour parvenir à cette conclusion, l'équipe de Santé publique France a interrogé 1 230 personnes vivant près de trois grands aéroports français (Roissy-Charles-de-Gaulle, Lyon-Saint-Exupéry, Toulouse-Blagnac). Un tiers de ces volontaires souffrait d'hypertension artérielle.

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Un mécanisme d'action indirect

Le suivi de ces personnes a confirmé des résultats déjà obtenus par le passé : le bruit des avions est associé à un risque d'élévation de la pression artérielle, et donc de maladies cardiovasculaires.

Mais les femmes semblent, étonnamment, épargnées par ce phénomène lorsque les aéroports provoquent une hausse du bruit de 10 décibels A – une unité qui tient compte de la perception du bruit par l'oreille humaine.

Autre détail intéressant, ce surrisque n'apparaît qu'en cas d'exposition nocturne au grondement des moteurs d'avion. Lorsque le tapage s'effectue uniquement en journée, l'association avec l'hypertension disparaît.

Cela suggère que le bruit environnemental pourrait affecter la santé des artères de manière indirecte, en perturbant la qualité du sommeil ou en agissant sur les hormones du stress, par exemple.

Un coût majeur pour la santé

Ça n'est pas la première fois que de tels résultats sont rendus. Mais comme le soulignent les auteurs et autrices de cette étude, "l'abondante littérature portant sur l'hypertension artérielle est très parcimonieuse sur les différences liées au sexe".

Les riverain.e.s des aéroports ne représentent qu'une partie des personnes exposées à un niveau sonore excessif. Selon une étude financée par l'Ademe, 9 millions de Français.es sont gênés par les transports routiers, ferroviaires ou aériens.

Le coût de ce bruit est évalué à 11,5 milliards d'euros en dépenses de santé. Si la majeure partie est imputable au trafic routier, les aéroports ont aussi un rôle à jouer. Sans surprise, les maladies cardiovasculaires figurent en bonne position, derrière les troubles du sommeil.

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