Une opération permettrait de retarder la ménopause de 20 ans

Publié le 05 Août 2019 à 18h26 par Sophie Raffin, journaliste santé
Bouffées de chaleur, insomnie, irritabilité... la ménopause apporte vers la cinquantaine son lot de symptômes désagréables. Mais une nouvelle opération pourrait retarder leur arrivée de 20 ans selon des spécialistes britanniques de la Fécondation In Vitro (FIV).
© Istock

Les femmes pourraient retarder leur ménopause de 20 ans grâce à une nouvelle opération d'une trentaine de minutes. C'est ce qu'assure l'entreprise britannique spécialisée dans le traitement de l'infertilité appelée ProFaM (Protecting Fertility and Menopause).

Elle consiste à prélever un morceau du tissu ovarien à des patientes âgées de moins de 40 ans et de le congeler à -150 degrés en vue de leur regreffer des décennies plus tard. Le "greffon" est réimplanté lorsque la femme atteint la ménopause. Les médecins choisissent généralement une zone du corps bénéficiant d'un flux sanguin important comme les aisselles. Une fois en place - si le tissu ovarien survit à ce processus - il permet de restaurer le taux d'hormones féminines, et ainsi retarder la ménopause et ses symptômes.

Le professeur Simon Fishel, pionnier de la fécondation in vitro, a expliqué au Guardian "Cela pourrait être très bénéfique pour toutes les femmes qui souhaiteraient retarder la ménopause pour une raison quelconque, ou pour celles qui auraient autrement pris un Traitement Hormonal Substitutif (THS). Et il y aura de nombreux avantages autour de ça".

10 femmes ont déjà subi cette procédure

La procédure est payante. Le prélèvement et la conservation du tissu ovarien coûtent entre 3000 et 7000 livres (soit entre 3 255,93€ et 11 937,75€). Il faudra, par ailleurs, débourser également 4 000 livres (4 343,70€) pour la greffe. Dix femmes âgées de 22 à 36 ans ont déjà subi l'opération.

L'une d'elles, Dixie-Louise Dexter 33 ans, a raconté son expérience au Daily Mail. Souffrant d'une endométriose, elle a dû subir une hystérectomie. Pour lutter contre les effets de cette ménopause chirurgicale, les médecins lui ont proposé cette nouvelle procédure. Elle a expliqué "Au début, j'étais un peu inquiète parce que je n'en avais pas entendu parler. Mais en quittant l'hôpital, je me suis sentie vraiment chanceuse d'avoir été choisie pour subir une telle opération, parce que c'était si nouveau mais aussi au vu des avantages que cela pouvaient m'apporter".

Plus d'un an après la greffe, elle explique "Je ne souffre plus. Je n'ai plus de sautes d'humeur, de bouffées de chaleur, je ne me lève plus la nuit". Elle conclut "Je ne peux pas croire que quelque chose d'aussi simple qui était déjà en moi ait complètement changé ma vie. "Cela a été un chemin difficile pour arriver ici, mais je referais ce choix un million de fois".

Le directeur médical de la société, Yousri Afifi, a précisé au Sunday Times "C’est le premier projet au monde à proposer une cryopréservation du tissu ovarien à des femmes en bonne santé, uniquement pour différer la ménopause".

Selon les médecins de ProFaM, le retard de la ménopause dépendant de l'âge de la patiente au moment du prélèvement du morceau de tissu ovarien. Si elle a 25 ans, elle pourra être reculée de 20 ans. En revanche, si elle a 40 ans, elle sera repoussée que d'environ 5 ans.

La fertilité pourrait également prolongée

L'opération pourrait également résoudre les problèmes de stérilité rencontrés par de nombreuses femmes après 35 ans. En effet, elle peut aussi prolonger la fertilité. Le professeur Fishel a confié au Telegraph : "L'une des raisons de la hausse du taux d'infertilité est que les femmes ne pensent pas à avoir un bébé avant l'âge de 30 ans. Cette procédure leur permet de s’engager dans leur carrière et de voir ce fardeau allégé. Si à 40 ans, elles veulent toujours un enfant, mais ne peuvent pas l’avoir naturellement, elles peuvent utiliser le tissu ovarien qu'elles ont congelé à 30 ans.

"Utiliser ce tissu prélevé à 30 ans signifie qu'il ne sera pas considéré qu’elles vont avoir un bébé à un âge avancé puisque l’œuf aura 10 ans de moins", conclut l’expert.

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