Grossesse tardive, grossesse compliquée

Publié le 27 Juillet 2009 à 2h00 par Rédaction E-sante.fr
Pouvoir reculer l'âge du premier enfant est un formidable progrès pour les femmes. Depuis la législation de la contraception, l'âge moyen de la première grossesse est passé de 24 ans à 29 ans. Toutefois attention à ne pas trop attendre : une grossesse tardive est plus à risque de complications pour la mère comme pour l'enfant. Et avec la baisse de fertilité, le plus grand risque est de ne pas avoir d'enfant du tout !
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Le " bon moment ", c'est avant 40 ans !


Entre carrière professionnelle et vie personnelle, les femmes reculent leur première grossesse. Grâce à la contraception, elles peuvent effectivement choisir à loisir le ' bon moment '. Encore faut-il que ce ' bon moment ' ne se présente pas trop tardivement. On parle de grossesse tardive dès la quarantaine. Pourquoi ? Passé cet âge, la fertilité diminue nettement, tandis que les risques de complications de la grossesse augmentent. C'est ainsi qu'une grossesse tardive est considérée à risque et nécessite un suivi médical plus important et plus rapproché.

La fertilité diminue nettement à partir de 40 ans


Le taux de fertilité décroît à partir de trente ans, le taux d'implantation de l'embryon diminue, tandis que le délai pour tomber enceinte s'allonge, passant de 5-6 mois autour de 20 ans, à 14-15 mois à 40 ans.

Les techniques d'aide à la procréation existent et sont de plus en plus performantes, mais elles ne permettent pas de compenser le déclin naturel de la fertilité liée à l'âge. Par ailleurs, les enfants issus de ces méthodes naissent plus souvent prématurément ce qui peut générer de sévères handicaps neurologiques.

Les complications augmentent avec l'âge maternel


Le taux de fausse couche est plus élevé : de 10% à l'âge de 20 ans, il passe à 90% passé 45 ans.

Bien connu, le risque des anomalies chromosomiques, comme la trisomie 21 par exemple, augmente aussi avec l'âge maternel. Mais il existe aussi une hausse des maladies génétiques avec l'âge paternel (achondroplasie, syndrome de Marfan…).

À noter que ce risque est évalué par amniocentèse (ponction du liquide amniotique sous échographie pour détecter une éventuelle anomalie du fŒtus), un examen qui s'accompagne d'un risque accru de fauche couche (parfois supérieur à celui des anomalies que l'on aurait voulu éviter). Aujourd'hui, 15 à 20% des grossesses font l'objet d'une amniocentèse, contre 4 à 5% auparavant.

Enfin, les complications liées à l'hypertension de la grossesse doublent chez les femmes après 40 ans. C'est également le cas du diabète.

Le taux de mort in utero, de 4 pour mille entre 20 et 29 ans, il atteint 10 pour mille après la quarantaine.

Les jeunes femmes doivent être informées de ces risques de sorte qu'elles n'attendent pas trop longtemps avant de mettre en route une grossesse.

Source : Heffner L.J., NEJM, 351 : 1927-1929, 2004.