Une turbine pour assister les coeurs défaillants

Les progrès en matière de coeurs artificiels deviennent impressionnants. Le tout dernier, le Jarvik 2000 tient de la science fiction : il s'agit d'une turbine miniature qui est placée dans le coeur pour l'assister dans la circulation du sang.
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Le cœur est une pompe en quatre parties : 2 oreillettes qui reçoivent le sang de la périphérie et l'injectent dans les deux ventricules. Le ventricule droit dirige ensuite le sang vers la circulation pulmonaire pour son oxygénation, alors que le ventricule gauche pousse le sang oxygéné dans tout l'organisme. Il ressort ainsi que les deux oreillettes et le ventricule droit sont de petites pompes (qui envoient le sang à proximité) alors que le ventricule gauche qui fournit tout l'organisme est une grosse pompe : il fournit 80% du travail du cœur. Plus important, il est aussi plus exposé et les atteintes graves qui touchent le cœur le concernent presque toujours.

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A contrario, c'est lui qu'il faut assister en cas de défaillance (insuffisance cardiaque) et c'est tout le génie de l'équipe du Dr Robert Jarvik d'avoir conçu une mini-turbine qui peut s'implanter directement dans le ventricule gauche. Imaginez un petit tube en acier de 4 cm de long sur 1 cm de large et vous avez en tête les dimensions de ce bijou. Une fois en place, cette turbine est capable de pousser le sang dans l'aorte à raison de 6 litres à la minute ce qui soulage le cœur (les besoins au repos sont de 3 à 6 litres).

Une simple incision sur le côté gauche

A ce jour quatre patients, insuffisants cardiaques, ont été opérés (en grand secret) pour une pose du Jarvik 2000. L'opération a de plus l'avantage de pouvoir être menée par une simple incision sur le côté gauche de la poitrine. Actuellement, les appareils sont alimentés électriquement par des batteries externes. La prochaine version comprendra des batteries implantables rechargeables à travers la peau. Techniquement, il s'agit d'un véritable exploit car la turbine doit être parfaitement silencieuse, et ne doit générer la formation d'aucun caillot. Chapeau bas Monsieur Jarvik !

 
Publié par Dr Philippe Presles le Vendredi 01 Septembre 2000 : 02h00
Source : Le Figaro 28 août 2000