Kouchner part en guerre contre les maladies cardio-vasculaires !

L'incidence croissante des maladies cardio-vasculaire sur le taux de mortalité en France a amené le ministre délégué à la santé, Bernard Kouchner, à lancer un plan d'action national contre les maladies cardio-vasculaires. 34 millions d'euros seront nécessaires à la mise en place de mesures de prévention et d'information. Une partie de cette somme servira également à l'amélioration des soins.
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Avec 180.000 décès par an, les maladies cardio-vasculaires sont la première cause de mortalité en France. Et la population à risque ne cesse de s'accroître: 7 millions d'hypertendus, 3 millions de diabétiques et 30 % de fumeurs dans la population, les candidats aux maladies cardio-vasculaires sont pléthores. Face à cet inquiétant constat, Bernard Kouchner, ministre délégué à la santé, lance un plan triennal de réduction global des risques cardio-vasculaires. Il vise à promouvoir la prévention et à améliorer les soins, avec pour objectif de réduire de 20 % les maladies cardio-vasculaires en dix ans. 34 millions d'euros seront nécessaires à sa mise en place.

Prévention : surveiller et éduquer

La surveillance épidémiologique des facteurs de risque comme l'hypertension, le diabète, l'obésité, l'excès de graisses ou de cholestérol dans le sang, tabagisme, sédentarité… sera accentuée. Au total, 20 millions de personnes sont concernées en France.Les malades seront encouragés « à être acteurs de leur santé »:

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  • apprendre à porter secours et pour cela, une formation aux premiers secours sera dispensée dans les écoles;
  • encourager des hypertendus à contrôler eux-même leur tension de façon à améliorer le suivi médical et motiver les malades à suivre leur régime alimentaire et leur traitement;
  • améliorer la qualité des appareils de mesure de la tension. A l'heure actuelle, 50 % des appareils ne correspondent pas aux normes.

Tabac et sel en ligne de mire

Le tabac et le sel sont en ligne de mire du plan Kouchner en raison de leur forte incidence sur la mortalité en France.En ce qui concerne le tabac, l'objectif est de diminuer les ventes de 15 % en dix ans, une véritable déclaration de guerre ! D'ici là, les industriels du tabac seront tenus de réduire le taux de goudron et de nicotine dans les cigarettes. L'interdiction de fumer sera inscrite dans le code du travail, ce qui facilitera la mise en application de la loi Evin (les contrevenants pourront être sanctionnés).Pour ce qui est du sel, le ministre suit les recommandations de l'Afssa (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments): réduire la consommation de sel de 20 % sur cinq ans. Il demande pour cela aux industriels de l'agroalimentaire de réduire l'apport de sel dans les aliments et notamment dans le pain. L'ANIA (Association Nationale pour Industrie Alimentaire) a déjà fait savoir que les industriels suivraient ces recommandations.L'ajout d'acide folique ou vitamine B9 dans les farines de blé est également prévu. Son effet cardioprotecteur est reconnu.

Publié le 18 Février 2002
Auteur(s) : Dr Agnès Lara