Transmission de l'hépatite C : comment éviter le piège du sang contaminé ?

Martine Aubry a clairement voulu éviter tout piège avant de quitter son ministère en autorisant le dépistage « génomique viral » systématique sur les dons de sang, pour la détection du virus du Sida (VIH) et de l'hépatite C (VHC). L'avantage de cette technique par rapport aux tests classiques est de pouvoir détecter les virus beaucoup plus tôt, dès le tout début de la maladie.
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Quand le virus de l'hépatite C se cache

Comme dans la plupart des pathologies virales, une personne infectée par le virus de l'hépatite C passe par une période dite d'incubation. Pendant cette phase, le virus se développe, puis l'organisme commence à réagir en produisant des anticorps pour se défendre. C'est ensuite, lorsque ces derniers sont en nombre suffisant, qu'apparaissent les symptômes. Mais pendant ce délai, entre la contamination et l'apparition des anticorps (qui est d'environ 15 jours), le virus est indétectable avec les tests immunologiques classiques fondés justement sur le dosage de ces anticorps. D'où l'intérêt du dépistage « génomique viral » (DGV) que Martine Aubry souhaiterait faire appliquer dans le cadre de la transfusion sanguine. Il s'agit d'une technique basée sur un principe différent, à savoir la détection directe du virus. Elle permet donc le dépistage pendant la phase d'incubation, éliminant ainsi tout risque de contamination.

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Selon les experts, ce risque résiduel de transmission est trop faible …

Estimant ce nouveau test trop cher, les experts ont considéré que le risque résiduel de transmission était trop faible par rapport au bénéfice attendu d'un tel dépistage. Il est pourtant estimé à 1/375.000, soit environ 10 contaminations par an. Soulignons qu'à l'époque de l'affaire du sang contaminé, ce risque résiduel de transmission attribué au virus du Sida était également de 1/375.000.

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 23 Octobre 2000 : 02h00
Source : www. egora.fr