Syphilis, le retour

Publié le 27 Mai 2002 à 2h00 par Dr Agnès Lara
Alors qu'on l'avait crue disparue en 1990, la syphilis effectue son retour dans le milieu gay parisien. Cette maladie grave qui favorise la contamination par le virus du sida peut se soigner facilement, mais doit pour cela être dépistée. Une campagne de prévention et d'information démarre ce mois-ci à Paris.
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La syphilis est une maladie sexuellement transmissible que l'on croyait éradiquée depuis 1990. La peur du sida et les campagnes de prévention étaient alors venues à bout de la maladie. Cependant, le succès des trithérapies et la baisse du relais des campagnes de prévention dans les médias ont induit un relâchement de la vigilance et une recrudescence des comportements à risque.

Hécatombe dans le milieu gay parisien

Résultat : le nombre de cas de syphilis a fait un véritable bon au cours de ces deux dernières années (9 cas en 1999 contre 240 au 1er janvier de cette année). La majorité des cas est concentrée à Paris et touche plus particulièrement le milieu gay. Quatre-vingt-dix pour cent des personnes atteintes sont en effet homosexuelles ou bisexuelles.

Un risque de contamination élevé

Selon Lucien Abenhaim, directeur général de la santé, le risque de contamination est très élevé (30 à 40%) au cours des relations sexuelles aussi bien par voie génitale, anale ou orale. Cela est particulièrement vrai lorsqu'il y a contact avec les lésions cutanées qui constituent le réservoir de la bactérie responsable de la maladie, le tréponème pâle.La syphilis peut avoir en elle-même des conséquences graves lorsqu'elle n'est pas traitée (atteintes neurologiques et cardiaques) et en plus de cela, elle favorise la transmission du VIH. C'est pourquoi la moitié des malades sont atteints du sida.

Information et dépistage pour enrayer l'épidémie

Traitée précocement, une seule dose massive d'antibiotique (pénicilline ou tétracycline) peut suffire à enrayer la maladie. Mais pour se soigner, encore faut-il savoir que l'on est malade et l'apparition d'un chancre (petite ulcération cutanée de 3 à 5 mm de diamètre typique de la maladie) le plus souvent sur les parties génitales peut passer inaperçue. Il ne faut donc pas hésiter à se faire dépister.

La mairie de Paris, la Direction de la Santé et la DDAS de Paris s'unissent dans une campagne de prévention. Elle permettra à tous ceux qui le souhaitent un dépistage anonyme et gratuit de la syphilis et du sida, et ceci jusqu'au 30 septembre. Une action d'information sera également menée auprès du public homosexuel.

Source : Direction générale de la santé, mairie de Paris, direction générale des affaires sanitaires et sociales de Paris. Communiqué de presse du 15 mai 2002.