#stopaccouchementmasqué : "J'avais envie de vomir" témoigne une maman obligée d’accoucher avec le masque

En cette période d’épidémie de Covid-19, certaines maternités obligent les futures mamans à porter un masque pendant l’accouchement. Le collectif 'Toutes contre les violences gynécologiques et obstétricales' a réuni de nombreux témoignages alarmants sous le hashtag #stopaccouchementmasqué.
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Il n’est pas évident d’être une future maman à l’ère du nouveau coronavirus. Outre, les craintes inhérentes à l’arrivée d’un bébé, les femmes enceintes doivent gérer d’autres incertitudes comme la possible transmission du virus au fœtus, la présence ou non du père au moment de l’accouchement. Le hashtag #stopaccouchementmasqué révèle une autre difficulté de taille. Certaines maternités obligent les futures mamans à porter un masque pendant l’accouchement. 

Accouchement avec masque : “J'avais envie de vomir"

Pour éviter les contaminations en salle de travail et protéger leurs équipes, plusieurs maternités françaises demandent aux futures mamans de garder le masque quand elles sont dans leurs locaux, et cela même le jour de l’accouchement, aussi bien pendant le travail que la période de la poussée.

Lauranne a dû respecter cette consigne alors qu’elle mettait au monde son petit Anthon. Elle s’est confiée sur cette épreuve particulière au micro de nos confrères d’Europe 1. La jeune maman explique : “après chaque contraction, à chaque poussée, je n'arrivais pas à reprendre mon souffle, j'avais envie de vomir".

Avoir une respiration bien rythmée et régulière est important pendant le travail. Elle assure un niveau maximal d’oxygène aussi bien au bébé qu’à la maman. Elle aide aussi à soulager les douleurs provoquées par les contractions. 


Le Pr Philippe Deruelle, secrétaire général du Collège National Gynécologues-Obstétriciens, assure "il n’y a pas de risque médical pour la maman ou le bébé. Le masque ne bloque pas la respiration lors des efforts. Par contre, cela peut représenter une gêne et créer un inconfort important pour la future maman"

La gêne est, en effet, ce que garde en mémoire Lauranne après 39 heures de travail et plus d’une heure de poussée avec un masque sur la bouche et le nez. Elle explique : “le masque était humide, j'avais très chaud, donc ça rajoutait encore plus de difficultés à respirer."

Ces conditions difficiles sont particulièrement angoissantes pour les mamans. Certaines peuvent avec le stress adopter une respiration superficielle rapide et finir par hyperventiler. Ce trouble peut provoquer une baisse du niveau d’oxygène causant des étourdissements ou une sensation de flottement.

Un événement heureux et triste à la fois

Malgré la difficulté de la situation, Lauranne tient à retenir uniquement le plus important de cette journée : la naissance de son bébé. "C'était un heureux événement parce que j'ai rencontré mon fils, mais j'espérais tellement que ça se passe autrement. J’étais triste", explique-t-elle. Elle n’est pas la seule femme à avoir vécu un accouchement compliqué pendant la pandémie de COVID-19. Plusieurs jeunes mamans ont rapporté avoir eu pour consigner de garder le masque pendant l’accouchement et l’avoir mal vécu. Sonia Bisch, fondatrice du collectif de 'Toutes contre les violences gynécologiques et obstétricales' a réuni plusieurs témoignages actuellement publiés sous le hashtag #stopaccouchementmasqué.

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