Sport : pourquoi le masculin l'emporte sur le féminin

Dans les compétitions sportives, les performances masculines sont presque systématiquement plus élevées que les féminines. Pourquoi ?
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Au début de la vie, rien ne permet de distinguer les petits garçons des petites filles, ni dans le visage, ni dans la morphologie générale (sinon, évidemment, la configuration de l'appareil génital). Lors d'expériences amusantes, des puéricultrices pourtant habituées à côtoyer de jeunes enfants ont échoué lamentablement à distinguer les filles et les garçons au sein d'un groupe de bébés inconnus. Pour discerner les premières spécificités de genre, il faut attendre quelques années, mais celles-ci ne se mesurent pas encore sur le plan des performances sportives. Durant toute l'enfance, les garçons ne sont pas meilleurs que les filles. Au contraire, la maturation plus rapide des fillettes les dote même d'un léger avantage entre 10 et 12 ans.

Performances : la faute aux hormones

Le grand bouleversement se produit évidemment à la puberté, lors de l'activation des glandes sexuelles. Le corps change subitement, et les capacités athlétiques se creusent très nettement en faveur des garçons. La testostérone est la grande responsable de ces transformations physiques. En quelques mois, la concentration sanguine grimpe à 5-6 mg/ml chez le garçon alors qu'elle stagne à environ 0,4 mg/ml chez la jeune fille. Cet orage hormonal a des répercussions en matière de santé. Ainsi la plupart des maladies affectent différemment les deux sexes. De façon générale, les femmes se trouvent mieux protégées des infections grâce aux oestrogènes qui renforcent les défenses immunitaires. En revanche, elles sont plus susceptibles que les hommes de développer des maladies auto-immunes. Mais le plus spectaculaire, ce sont les transformations physiques ! A taille égale, l'homme possède des épaules plus larges, des bras plus longs et des hanches plus étroites. Son coeur, ses poumons et ses muscles se développent davantage. Même son volume sanguin est augmenté, ainsi d'ailleurs que le nombre total de globules rouges. Tout cela lui procure un net avantage pour des performances sportives de force ou d'endurance. La femme, en revanche, aura tendance à stocker de la graisse. Elle abrite deux fois plus de cellules graisseuses (40 milliards contre 20) ce qui lui permet de stocker un supplément de graisse de l'ordre de 300.000 Kj, soit approximativement l'énergie nécessaire pour mener à terme un foetus humain. La nature est prévoyante. Mais évidemment ce surpoids constitue un handicap dans le sport et beaucoup de jeunes filles arrêtent précisément la pratique à ce moment-là, découragées par la stagnation, parfois la régression, de leurs aptitudes. A partir de là, les différences ne feront plus que se creuser jusqu'à l'âge de 30 ans environ où l'on observe un nouveau basculement des tendances. Les hommes abandonnent leurs anciennes pratiques alors que les femmes renouent massivement avec le sport. Mais là, c'est déjà une autre histoire !

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Publié le 22 Mai 2006
Auteur(s) : Gilles Goetghebuer, journaliste santé