Soutien-gorge : 4 raisons de le laisser au placard

Loin du regard des autres et des conventions sociales, de nombreuses femmes ont laissé leur soutien-gorge dans les tiroirs pendant le confinement. Mais maintenant que vous avez retrouvé votre liberté, faut-il nécessairement reconfiner votre poitrine ?
Soutien-gorge : 4 raisons de le laisser au placard

Selon le site de statistiques Planetscope, les Françaises sont les premières consommatrices de lingerie devant les Allemandes. Elles dépensent en moyenne 131€ par an en soit 18 à 20% de leur budget "vêtements" annuel. Et pourtant cet amour pour les soutiens-gorge s'étiolent quelques peu. Diktat de la société, objet inutiles…  les voix du mouvement “No-Bra” se font de plus en plus fortes. Elles ont fait des émules pendant le confinement.

Confinement : les soutien-gorges sont restés dans les tiroirs

Alors que les Françaises étaient bloquées chez elles pour cause d’épidémie de COVID-19, elles ont été plus nombreuses à offrir plus de libertés à leur poitrine. Lors d’un sondage réalisé par l’IFOP début avril, 8% des femmes interrogées ont reconnu ne pas porter de soutien-gorge depuis le début du confinement. Cela représente plus du double d’adeptes par rapport à l’ère pré-coronavirus. Elles n’étaient alors que 3% à ne pas avoir de soutifs.Si en temps normalement, elles sont les plus grandes consommatrices de lingerie, les jeunes de moins de 25 ans ont les plus nombreuses à délaisser les soutien-gorges pendant les deux mois d’isolement. On compte en effet parmi leur rang 20% d’adeptes du "no bra".

À l’étranger aussi

Les Françaises ne sont pas les seules à se questionner sur l'intérêt de cet habit souvent décrié pour son manque de confort. Les ventes de soutifs et brassières ont chuté de 13% aux USA depuis le début des mesures américaines de confinement.

Plusieurs habitantes de Floride ont également confié au journal Miami Herald leur sentiment après avoir délaissé leur lingerie. Une chef de projet dans une entreprise de communication a expliqué "C’est un bonheur que je n’ai jamais connu auparavant. Je n’avais jamais porté aucun soutien-gorge. Mais maintenant que je suis sans soutien-gorge depuis six semaines, j'ouvre mon tiroir et j'entends "Qui êtes-vous ?" et mes seins répondent Arrière !". Une agent de voyage reconnaît de son côté "c’est comme jeter une couche de peau. Normalement, pour le travail, je m'habille, je me maquille et je mets des talons. Maintenant, c'est bien de pouvoir rester à la maison, de supprimer tous ces apparats et d'être tout aussi productive. C'est libérateur".

Une autre nouvelle adepte du no bra remarque "je ne sais pas si je veux retourner en arrière. Quand vous achetez un nouveau soutien-gorge il y a toujours quelque chose qui vous fait mal… je veux me sentir aussi à l’aise et libre qu’au cours des 6 dernières semaines. J’ai besoin de quelque chose de confortable. Le confort va devenir le critère n°1. Cela pourrait changer le marché du soutien-gorge”. 

Pour certaines femmes, la mise de côté du soutien-gorge "Quand viendra le temps de se remettre en mode travail, je serai prête à y revenir. J’ai hâte de retourner au travail. En attendant, si je peux être à l’aise, je le ferai. Mais ce n’est qu’une libération temporaire".

Le confort n’est pas la seule raison pour délaisser son soutien-gorge. Plusieurs vertus santé plaident pour un abandon des soutifs. Elles sont présentées dans notre diaporama.

Des muscles des seins plus toniques

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Les femmes qui ne veulent pas dégrafer leur soutien-gorge, craignent souvent le ballottement des seins et les douleurs dans le dos. Mais ces maux peuvent être les conséquences du port de ce vêtement sur plusieurs années.

Dans un précédent article, le psychomotricien de sportifs de haut niveau et préparateur physique et mental Jean-Paul Pes avait expliqué à Esanté “Lorsque des muscles du corps ne sont pas sollicités comme ils devraient, on crée des points de faiblesses. Prenons une image parlante : si je n'ai pas de problème aux jambes, mais que je me promène tout le temps avec des béquilles, je vais finir par avoir une faiblesse musculaire aux jambes. Et cela, même si je n'avais rien au départ. Il en est de même pour la poitrine et le soutien-gorge”.

Ainsi délaisser ces lingeries peu confortables permet de faire travailler les muscles suspenseurs et retrouver une poitrine plus tonique.

Le mamelon remonte

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Le Dr Jean-Denis Rouillon, médecin du sport au CHRU de Besançon et professeur à l'Université de Franche-Comté, a conduit une des premières études sur les effets des soutiens-gorge sur la santé des femmes. Lors de cette expérience réalisée en 2013, il avait suivi l'évolution des poitrines de 320 participantes. Son équipe avait déterminé que les seins des participantes ne portant pas ce type de sous-vêtement, s'étaient raffermis. Les vergetures s'étaient estompées. De plus, le mamelon des seins des adeptes du “no bra” avait remonté de sept millimètres en un an.

Le chercheur français avait conclu "si la femme met un soutien-gorge dès l'apparition de ses seins, l'appareil suspenseur ne travaille pas correctement et ses tissus de suspension se distendent. La femme devient alors dépendante du soutien-gorge, dont elle n'a pas vraiment besoin".

Une peau impeccable

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Ne plus porter de soutien-gorge permet d’éviter les problèmes de peau ! Le Dr Anuradha Seshadri, médecin à UCLA Health a confirmé au site Bustle qu’il était bénéfique pour l’épiderme du buste de ne pas être soumis à ce vêtement.

"La saleté et la sueur qui s'accumulent sous votre soutien-gorge peuvent entraîner des infections cutanées et de l'acné", a-t-il expliqué. En effet, ces dernières peuvent obstruer les pores de la peau 

Dire adieu au soutif, c’est aussi dire adieu aux élastiques trop serrés ou aux baleines qui abiment la peau… et par conséquent aux petites lésions et marques qu'ils laissent.

Être plus efficace au travail

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Être sans soutien-gorge peut être libérateur pour les femmes, et les aider à être plus efficace. La gynécologue Sherry Ross a expliqué au site Shape “Il n'y a quelque chose de très stimulant à ne pas porter de soutien-gorge". Elle rappelle :  “pour de nombreuses femmes, c'est la première chose qu’elles retirent en rentrant à la maison  après une longue journée de travail."

Après être partie accidentellement au travail s’en avoir mis de soutien-gorge, la journaliste australienne Nadia Bokody a découvert qu’elle était plus productive sans. Elle avait expliqué dans un article en 2018 "Au bureau, je n'étais plus en train de souffrir à cause d'un engin de torture en dentelle attaché autour de ma poitrine. Pour la première fois, j'étais à l'aise, à mon bureau. J’étais concentrée sur mon travail et rien d'autre. J’ai fait l’ensemble de mon travail avant le déjeuner”. Elle avait conclu finalement “C'était étrangement stimulant et une journée remarquablement productive”.

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Source : It’s a happiness I’ve never known’: Should you live the braless life in quarantine?, Miami Herald, 21 avril 2020
What Happens When You Stop Wearing a Bra?, Shape, 3 avril 2020
Is it OK to go bra free at work? Writer Nadia Bokody explains why she REFUSES to wear a bra to the office, The Sun, 12 novembre 2018