Se relaxer dans l’eau, et ne plus jamais la redouter !

Publié le 08 Juillet 2011 à 12h17 par Clarisse Nénard
Pour 10 % d’entre nous, le milieu aquatique fait naître un sentiment d’angoisse. Quelques solutions pour apprivoiser cet élément, vaincre ses craintes et retrouver le plaisir de l’eau.
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Un Français sur 5 a peur de l’eau

Vous préférez faire le lézard sur votre serviette plutôt que vous baigner dans la grande bleue ? N’auriez-vous pas un peu peur de l’eau ? C’est le cas d’un Français sur cinq. Et ces appréhensions se vivent à des degrés divers, de la simple angoisse à la phobiedel’eau.

Certaines personnes n’oseront pas s’aventurer là où elles n’ont pas pied ou ne voient pas le fond et leurs orteils. D’autres savent nager mais ne mettront jamais la tête sous l’eau. D’autres encore fuient les lieux où les enfants s’éclaboussent ou, pire encore, certaines appréhendent la douche ou le bain. Ces craintes ont généralement des origines variées, comme des parents stressés : « Attention, tu n’as pas pied ! », « Ne t’éloignes pas du bord ! ». Ou encore venir d’expériences traumatisantes. Des copains qui ont poussé à l’eau pour s’amuser, un mauvais maître nageur qui a obligé à sauter à l’eau, une noyade dont on a été témoin ou victime…

Ayez la bonne attitude

La toute première chose est d’éviter trois attitudes généralement adoptées spontanément : se faire violence, raisonner sa peur et entrer en compétition avec les autres. Elles ont leurs limites et peuvent avoir un effet inverse, ancrer encore plus la phobiede l’eau. Quelqu’un qui a peur de la profondeur en se forçant et en déployant beaucoup d’énergie afin de faire taire ses émotions réussira à traverser la piscine, à aller dans le grand bain ou tourner autour du bateau en pleine mer. Le but n’est pas de faire avec la peur mais de se sentir bien dans cet élément. Quant à raisonner, c’est peine perdue. Face à des situations ressenties comme étant très dangereuses, le cerveau n’est pas perméable au raisonnement. Comme vécu et émotions sont différents selon les individus, se comparer à l’autre n’a pas grand intérêt.

Se réconcilier avec l’eau

Si ce mal-être dans l’eau est peu intense, procédez par étapes, à votre rythme, de manière progressive et sans forcer. Les notions de plaisir et de détente doivent être au cœur de la démarche.

Commencez par lister les situations qui vous effraient afin d’apporter des solutions. Est-ce le fait de nager ou de ne pas avoir pied ? D’avoir de l’eau dans les yeux et qu’elle puisse entrer dans les oreilles, la bouche ou le nez ? Que la tête soit en totale immersion ? D’être porté par l’eau ? Ou aspiré vers le fond ? Ensuite, essayez de vous familiariser avec l’élément.

À la piscine, accédez au bassin par les marches ou par l’échelle. À la mer, choisissez un coin calme et surveillé. Demandez à un ou une amie de confiance de vous accompagner. Marchez avec de l’eau jusqu’aux chevilles tout en admirant le paysage autour de vous. Progressivement, immergez-vous jusqu’aux genoux, aux fesses, puis au nombril. Amusez-vous à courir et à marcher en arrière. Une fois que vous aurez compris qu’avec la résistance de l’eau vous avez de moins en moins besoin de vos appuis au sol, amusez-vous à flotter.

Pensez au matériel

Généralement à disposition dans les piscines, les planches et les boudins ne servent pas uniquement d’oreiller quand on fait la planche.

Avec les frites, ces grands boudins, on flotte en étant maintenu au niveau des aisselles, derrière la nuque ou à la ceinture. Debout, immergé jusqu’aux épaules, une frite coincée sous chaque bras, décollez les pieds du sol. Pédalez comme si vous étiez sur un vélo. Pour trouver l’équilibre en position allongée sur le dos, mettez-en une sous chaque bras. Basculez la tête vers l’arrière, le regard vers le ciel. Les oreilles doivent être dans l’eau. Étirez-vous afin que le corps flotte bien à la surface. Détendez-vous. Inspirez et expirez lentement et profondément. Une fois à l’aise, faites la même chose avec les frites tenues à bout de bras. Pour vous allonger sur le ventre, il en va de même. Placez un boudin sous chaque bras. Mettez le visage dans l’eau et levez les pieds. Ayez une position bien horizontale avec les jambes à la surface. Répétez l’exercice jusqu’à ce que vous soyez complètement stable et que vous puissiez tenir pendant plus de 5 secondes.

Si vous avez peur de mettre la tête dans l’eau, utilisez une planche. Sur le dos, placez-la sous la tête. Étant légèrement moins à l’horizontale, faites des petits battements ou mouvements de jambes pour bien rester à la surface. Sur le ventre, elle sert de point d’appui au niveau des bras puisque les mains sont posées dessus. Une fois que vous flottez de manière stable et que vous êtes totalement détendu, refaites ces exercices avec une ceinture.

Un peu moins porteuse, vous perfectionnerez votre équilibre. Allongé sur le ventre ou sur le dos, écartez les bras et les jambes pour avoir une meilleure flottaison. Lorsque vous vous sentez à l’aise dans les deux positions, amusez-vous à passer de l’une à l’autre. Pour vous redresser lorsque vous êtes sur le dos, rentrez la tête, le menton se collant à la poitrine, et descendez les jambes. Laissez-vous basculer vers l’avant et reprenez l’équilibre sur le ventre en mettant le visage dans l’eau et en remontant les membres inférieurs à la surface. Attention ! N’oubliez pas de prendre une bonne inspiration avant d’immerger le visage dans l’eau. Inversement, pour passer du ventre au dos, tirez la tête en arrière. Dès que vous n’avez plus besoin de toucher le sol, tentez l’expérience sans matériel. Rien de tel qu’un séjour à la mer pour surmonter ses craintes et se sentir à nouveau comme un poisson dans l’eau…

La tête sous l’eau

Vous croyez que vous allez avaler la moitié de la mer et qu’elle va s’engouffrer par tous les orifices. Toujours avec l’aide d’un ou d’une amie, l’immersion du visage est la première grande étape vers la maîtrise de la peur de l’eau. Allez-y progressivement. Trouvez votre méthode. À la maison, préparez-vous à l’immersion.

Dans un saladier transparent assez grand pour y plonger entièrement le visage et rempli aux deux tiers, plongez la tête, la bouche légèrement ouverte, fredonnez un air en expirant par la bouche. Sortez la tête de l’eau, inspirez profondément et recommencez. Puis, faites le même exercice la bouche fermée, en expirant par le nez.

Enfin, testez l’apnée en maintenant le plus longtemps possible le visage dans l’eau et en expirant par la bouche et par le nez. Lors des baignades, vous pouvez commencer par mettre le menton dans l’eau, puis la bouche, le nez, les yeux… jusqu’à enfoncer la tête intégralement.

Si vous êtes à l’aise, placez-vous de manière à avoir de l’eau jusqu’à la taille. Essayez de poser les fesses au sol en vidant l’air que vous avez dans les poumons. Une fois que vous avez réussi, essayez de rester le maximum de temps assis en tailleur dans l’eau, avant de remonter.

Source : Bien-être et santé 383, juillet / août 2011.