Royaume-Uni : un homme contracte une gonorrhée ultra résistante

© Istock

Un cas de gonorrhée résistant aux antibiotiques a été détecté au Royaume-Uni pour la première fois. 

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Cet homme regrette certainement cette relation sexuelle aujourd'hui. Alors qu'il avait une partenaire sexuelle féminine régulière chez lui au Royaume-Uni, il contracte la gonorrhée courant 2017 en Asie avec une autre femme. Le cas a été rapporté parPublic Health England (PHE).

C'est au début de l'année 2018 qu'il apprend souffrir de cette infection sexuellement transmissible (IST). Il commence alors un traitement d'antibiotiques censé le guérir, une combinaison d'azithromycine et de ceftriaxone. En effet, depuis 2015, l'infection est capablde de résister àl'azithromycine, c'est pourquoi deux médicaments ont été utilisés.

Rien n'y fait, il reste malade."C'est la première fois qu'un cas fait preuve d'une telle résistance à ces deux médicaments et à la plupart des autres antibiotiques couramment utilisés", souligne le Dr. Gwenda Hughes, chef du département des ISTde PHE dans son rapport.

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Son itinéraire sexuel retracé

Mais il semble que tout espoir ne soit pas perdu puisque les analyses de l'homme suggèrent qu'un dernier antibiotique pourrait fonctionner. Il le prend actuellement dans l'attente des résultats le mois prochain."Nous suivons ce cas pour nous assurer quel'infectiona été traitée efficacement avec d'autres options et que le risque de transmission ultérieure est minimisé",a déclaré leDr Hughes .

L'Organisation mondiale de Santé ainsi que les Centres européens pour le contrôle et la prévention des maladies (ECDC) confirme cette affirmation : il s'agit bien d'une première mondiale.

Les autorités sanitaires retracent l'itinéraire sexuel de tous les partenaires de cet homme, afin de contenir au maximum l'infection.Les médecins craignent que désormais,l'infectionait muté et ne puisse plus être soignée à l'aide d'antibiotiques. En ce qui concerne la partenaire régulière de cet homme, pour le moment ses analyses sont revenues négatives mais elle est toujours surveillée.

De plus en plus résistante

Depuis 2015, Santé publique France note une augmentation du nombre de cas de gonorrhéedans le pays. Il s'agirait de la conséquence d'une hausse des rapports sexuels non protégés. L'infection a augmenté de 100 % parmi les hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes (HSH), la plupart âgés entre 20 et 39 ans.

A l'échelle mondiale aussi l'alerte a été sonnée. Début juillet 2017, l'OMS a décidé d'avertir les populations au sujet de cette IST. En effet, elle deviendrait de plus en plus résistante aux antibiotiques et se répandrait très vite.

Afin de lutter contre cette nouvelle forme de l'infection résistante, des laboratoires cherchent activement de nouveaux antibiotiques mais cela pourrait prendre des années selon l'OMS.

Des répercussions sévères sont possibles

La maladie tire son nom de la bactérie qui la cause : Neisseria gonorrhoeae.Il s'agit d'une infection sexuellement transmissible, qui se transmet par relations sexuelles vaginales, orales ou anales non protégées. Les symptômes surviennent généralement entre de 2 et 7 jours après le rapport non protégé.

Si une personne ne se fait pas soigner pour cette infection, elle risque une infection plus grave des testicules, de la prostate, de l'utérus, des trompes, des ovaires, stérilité, arthrite (inflammation d'une articulation). De plus, la co-infection avec la chlamydia est relativement fréquente (20 à 40% des cas) explique le site Prévention IST.

Pour se faire dépister, un prélèvement local, frottis suffisent. Il est également possible de se faire dépister grâce à un test urinaire (urine du matin, ne pas avoir uriné dans les deux heures précédentes). Il faut savoir qu'une femme peut transmettre l'infection à son enfant lors de l'accouchement.

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