Rougeole : qui doit se vacciner, pourquoi, et quand ?

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L'épidémie de rougeole accélère en France. Craignant une flambée nationale, l'Etat a demandé à chaque citoyen de vérifier s'il était vacciné, et d'effectuer un rattrapage si nécessaire.

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Plus de 900 cas de rougeole, disséminés un peu partout sur le territoire. La progression de la maladie en France a quoi alarmer. Et elle risque de s'aggraver encore. En trois semaines seulement, le nombre de diagnostics a augmenté de 46 % selon Santé publique France.

La situation est telle que la Direction générale de la Santé estime qu'une épidémie nationale de rougeole risque de se produire. Il faut dire qu'au dernier bilan, 59 départements étaient touchés par cette maladie infectieuse extrêmement contagieuse.

Si le virus circule si bien, c'est parce que la protection de la population par la vaccination est insuffisante. Il faudrait que 95 % des Français.es soient immunisé.e.s pour interrompre la chaîne de transmission. En moyenne, moins de 8 nourrissons sur 10 ont reçu deux doses de vaccin. Dans le meilleur des cas, on atteint 88 % dans un département de métropole.

Le ministère de la Santé et les agences sanitaires ont donc lancé une campagne en faveur de la vaccination et du rattrapage. Dans le détail, E-Santé vous explique qui doit se protéger, pourquoi et à quel âge.

Nourrissons : deux doses, dès 12 mois

Les nourrissons sont au cœur de la stratégie vaccinale en France. D'une part parce que la rougeole touche les enfants dans un cas sur deux. D'autre part parce que cela permet de conférer une protection durable.

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Jusqu'à peu, la vaccination contre la rougeole était vivement recommandée – avec deux injections à 12 mois puis entre 16 et 18 mois. Depuis le 1e janvier 2018, ce geste préventif est obligatoire et remboursé intégralement par l'Assurance maladie.

Une exception persiste : si un voyage est prévu à l'étranger. Dans ce cas, l'injection peut être réalisée à partir de six mois. Toutefois, au moins un mois doit s'écouler entre les deux vaccinations.

Il est possible d'obtenir une prescription auprès du médecin traitant – généraliste ou pédiatre – mais aussi auprès d'un.e sage-femme, qui est habilité.e à prescrire les vaccins aux femmes enceintes, leur entourage ainsi qu'à l'entourage d'un nouveau-né, jusqu'à 8 semaines.

Adultes nés après 1980 : deux doses ou un rattrapage

Mais jusqu'au 1e janvier, la vaccination contre la rougeole n'était pas obligatoire. Certains enfants sont donc passés entre les mailles du filet et n'ont reçu aucune dose – ou alors une seule. Or, un schéma incomplet confère une protection partielle contre l'infection.

Au total, on estime que plus d'un million de Français.es âgé.e.s de 6 à 29 ans sont exposé.e.s à la rougeole. Et celle-ci n'est pas une maladie de l'enfant : entre 2008 et 2012, un.e patient.e sur deux était âgé.e de plus de 15 ans.

Une vaccination complète ou un rattrapage peuvent être proposés, à tout âge, dès qu'une personne ne sait pas si elle a été vaccinée, ne dispose pas de ce renseignement dans son carnet de santé, ou a perdu ce document.

Cette mesure ne concerne que les adultes nés après 1980. Le choix de cette date est étroitement lié à l'histoire du vaccin contre la rougeole. Avant 1983, celui-ci n'était pas recommandé par les autorités de santé. L'infection était donc courante.

Comme il suffit d'avoir attrapé une fois la rougeole pour être protégé, la vaccination n'est pas nécessaire chez les individus qui sont déjà tombés malades. C'est pourquoi les adultes nés avant 1983 ne sont concernés par aucune mesure de vaccination.

Santé, petite-enfance, école… Les métiers qui doivent se vacciner

Là encore, une exception existe. Les personnes nées avant 1980 qui travaillent avec des populations particulièrement fragiles doivent se faire vacciner, sauf si elles ont déjà contracté la rougeole.

Cette disposition concerne les professionnel.le.s de santé – en formation ou en poste, du secteur paramédical, mais aussi les personnes qui sont en contact régulier avec de jeunesenfants. Ils recevront alors une dose de vaccin.

A noter qu'un second cycle ne vaccination ne comporte pas de risque particulier pour la santé de l'individu. En revanche, s'assurer que les deux doses ont été injectées est important : la première est efficace dans 90 à 95 % des cas; la seconde couvre donc le reste.

Allergie, maladie grave, grossesse… Les motifs d'exemption

Comme tout médicament, les vaccins ne sont pas indiqués à l'ensemble de la population. L'allergie à l'un des composants du vaccin ou à la néomycine constitue l'un des principaux motifs de contre-indication.

De même, le vaccin ne doit pas être utilisé chez une personne souffrant d'une maladie qui affaiblit le système immunitaire ou prenant un médicament ayant cet effet. Enfin, les femmes enceintes doivent éviter de se faire vacciner.

En cas d'infection sévère avec une forte fièvre, la vaccination doit être reportée.

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