Rougeole : une épidémie nationale est à craindre

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L'agence Santé publique France craint une épidémie majeure de rougeole en France. La circulation du virus s'accélère et le taux de vaccination est insuffisant pour la freiner.

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L'épidémie de rougeole  fait tache d'huile en France. Dans son dernier bilan, Santé publique France fait état de 913 cas. Et davantage sont à prévoir. Depuis le début de l'année 2018, la circulation du virus s'est nettement accélérée. Le nombre de nouveaux cas a grimpé de 46 % en seulement trois semaines.

L'agence de santé publique craint une épidémie comparable à celle survenue entre 2008 et 2012. Pour rappel, elle avait touché au moins 25 000 personnes et fait 23 morts.
Un nombre probablement sous-estimé, si l'on en croit les déclarations en conférence de presse du Dr Daniel Lévy-Bruhl, responsable de l'unité chargée des infections respiratoires et de la vaccination à Santé publique France.

Un virus particulièrement virulent

En plus de s'accélérer, la propagation de la rougeole s'étend sur le territoire. Lors de sa réapparition, en novembre, la maladie s'était limitée à la région Nouvelle-Aquitaine. Désormais, ce sont 59 départements qui sont touchés.

Sans surprise, la Nouvelle-Aquitaine continue de rassembler un grand nombre de cas – environ 50 %. Mais les régions PACA, Bretagne et Pays-de-la-Loire sont aussi durement touchées.

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© Service de presseSource : Santé publique France, 14 mars 2018

Si la rougeole circule si bien, c'est pour deux raisons principales. D'abord, il suffit d'une personne contaminée pour en infecter 20 autres. Une vaccination suffisante – 95 % de la population – pourrait enrayer ce phénomène. Le problème, c'est que la couverture est largement insuffisante. Au mieux, elle atteint 83 % des enfants.

Un cas sur dix se complique

Au sein de la population adulte, aucune étude ne permet d'évaluer le nombre de personnes vaccinées contre la rougeole. Mais le Dr Lévy-Bruhl a cité des chiffres obtenus grâce à l'Etablissement Français du Sang, basés sur la recherche d'anticorps contre la maladie.

Un peu plus de 9 % de la population ne possède pas d'anticorps permettant de protéger contre la rougeole. Cela signifie qu'environ 1 millions de Français.es peuvent être infecté.e.s par le virus. Et dans les faits, 9 cas sur 10 concernaient une personne qui n'était pas vaccinée ou avait reçu une dose au lieu de deux.

La vaccination est, à ce jour, la seule manière de se protéger contre la rougeole. Or, cette maladie est loin d'être anodine. Depuis le début de l'épidémie, un malade sur cinq a dû être hospitalisé et 10 % des cas présentent des complications (pneumonie, encéphalite, etc). Une jeune femme est d'ailleurs morte des suites de l'infection.

Les structures collectives sont à haut risque

Certaines populations sont particulièrement vulnérables, rappelle Santé publique France. Notamment les nourrissons de moins d'un an, qui ne peuvent pas être vaccinés et "paient le prix d'un entourage qui ne les a pas protégés", estime Daniel Lévy-Bruhl. Arrivent ensuite les enfants de 1 à 4 ans, non vaccinés, et les jeunes adultes.

La protection par la vaccination est d'autant plus importante que, dans un cas sur cinq, la personne malade a fréquenté une "collectivité à risque", c'est-à-dire abritant des personnes fragiles. Des structures de petite enfance, par exemple, mais aussi des établissements de soins et des résidences pour personnes âgées.

Face à cette propagation rapide, le ministère de la Santé a donc averti l'ensemble des professionnel.le.s de santé, en ville comme à l'hôpital. Ils et elles sont invité.e.s à signaler  tout cas, suspect ou confirmé.

En région et à l'échelle nationale, la surveillance de la rougeole est désormais renforcée. Chaque individu est aussi incité à vérifier qu'il est bien protégé contre la rougeole, en consultant son carnet de santé ou un médecin. Le rattrapage est vivement recommandé, surtout si des cas se sont déclarés dans l'entourage professionnel ou personnel.

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