Rollers : l'envolée printanière des accidents

Le « Bulletin épidémiologique hebdomadaire » publie pour la première fois un recueil des incidents et traumatismes survenus chez les pratiquants de roller. Ainsi en trois ans, entre 1997 et 1999, 2.075 accidents ont été enregistrés par 7 hôpitaux, soit 1,5% des accidents de la vie courante. Le système de surveillance européen a également permis de rassembler un ensemble de données fort intéressant à ce sujet, comprenant notamment l'âge et le sexe des accidentés, les caractéristiques de l'incident, le type de lésion, la partie du corps la plus touchée ou encore leur répartition durant l'année.
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Les adeptes du roller de tous âges sont de plus en plus nombreux et se comptent en millions. Hélas, cette activité de loisirs très à la mode provoque chaque année plusieurs dizaines de milliers d'accidents avec admission aux urgences. Le premier recueil européen de surveillance EHLASS (European Home and Leisure Surveillance System) a permis de tirer de précieuses données:

Les principales lésions sont des contusions (40%), viennent ensuite les fractures (34%), les luxations et entorses (13) puis les plaies ouvertes (9%);Le membre supérieur est de loin le plus touché avec 62% des cas (principalement le poignet avec 31% puis l'épaule, le bras et l'avant-bras avec 22%), viennent ensuite le membre inférieur (15%), la face (6%) et le crâne (5%);Il existe des disparités en fonction de l'âge: en dessous de 10 ans, le crâne et la face sont les plus touchés avec des contusions et des plaies ouvertes; entre 10 et 14 ans, le poignet est atteint dans plus d'1 cas sur 3 (34%); de 15 à 19 ans, les lésions aux membres inférieurs sont de 21% alors qu'elles atteignent 24% chez les plus de 20 ans;Il s'agit dans 91% des cas d'une chute, beaucoup plus rarement d'une collision (4%);Les hommes sont 1,3 fois plus souvent hospitalisés que les femmes;La voie publique ou les lieux de transport sont le théâtre de 67% des accidents;Près de 66% des accidentés s'adonnaient à leur activité de loisirs (tout en constituant un mode de déplacement, y compris professionnel, sa pratique est avant tout ludique et sportive);La fréquence des accidents est nettement plus élevée le dimanche (21%), à un moindre degré le lundi (15%), mais il existe souvent un décalage entre le jour de l'accident et celui du recours aux urgences (souvent le lendemain). Viennent ensuite le mercredi et le samedi (14%);Près de la moitié des accidents (43%) sont enregistrés au printemps, précisément entre début avril et mi-juin avec un pic entre la dernière semaine d'avril et la première de mai; la moyenne mensuelle atteint alors 35 hospitalisations, contre 23 pendant les autres semaines printanières et 13 en moyenne annuelle.

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Grâce à cette étude énumérant les différentes facettes de cette pratique, une politique de santé publique pourrait rapidement être engagée, préconisant notamment le port de protections adaptées, avec des normes de fabrication, mais également des mesures d'information et de formation des utilisateurs. Enfin, il est urgent de mettre en place des réglementations sur les lieux de circulation urbaine.

Publié le 17 Avril 2001
Auteur(s) : Rédaction E-sante.fr
Source : Bulletin épidémiologique hebdomadaire, N°13/2001.
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Recueil européen EHLASS (European Home and Leisure Surveillance System), données recueillies par sept hôpitaux français volontaires (Annecy, Besançon, Béthune, Bordeaux, Limoges, Reims et Vannes) entre 1997 et 1999.