Psychothérapie : le remboursement testé dans 4 départements

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Le remboursement des consultations chez le psychologue est à l'essai dans 4 départements, dont la Haute-Garonne. Les psychothérapies, pour une dépression par exemple, seront remboursées jusqu'en 2020.

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Se rendre chez le psychologue, c'est un réflexe pour certains. Pour d'autres, une impossibilité pour des raisons financières. Afin d'améliorer l'accès à ces soins de santé mentale, l'Assurance maladie expérimente le remboursement des psychothérapies.

De 2018 à 2020, quatre départements vont prendre en charge ces consultations dans le secteur libéral : les Bouches-du-Rhône, la Haute-Garonne, le Morbihan et les Landes. A l'heure actuelle, seuls les psychologues exerçant à l'hôpital ou en centre médico-psychologique (CMP) bénéficient d'une telle mesure.

L'Assurance maladie effectue, pour l'heure, une distinction entre le psychologue et le psychiatre.  Le premier est rarement remboursé tandis que les soins de psychiatrie le sont à hauteur de 70 %.

Consommer moins de médicaments

Le problème, c'est que nombre de Français.es renoncent à la psychothérapie pour des raisons financières. Ils se tournent donc vers des médicaments (antidépresseurs, anxiolytiques et autres neuroleptiques). Un parcours qui n'est pas conforme aux recommandations les plus récentes.

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En novembre 2017, la Haute Autorité de Santé a rappelé que "la psychothérapie de soutien est un traitement de première intention dans les épisodes dépressifs caractérisés légers, dans lesquels le traitement antidépresseur n'est pas indiqué". Ce soin doit aussi être proposé en priorité dans les formes modérées.

Si ses résultats sont positifs, cette expérimentation pourrait changer la donne pour nombre de Français.es. Dans le parcours d'un parcours de soins établis, l'accès aux psychologues et psychothérapeutes agréés par l'Agence Régionale de Santé (ARS) sera remboursé.

Comment ça marche ?

Cette prise en charge s'effectue sans conditions de ressources, à partir de 18 ans, dans la limite de 20 séances de psychothérapie. Pour y prétendre, il faudra d'abord se rendre chez son médecin traitant.

A l'issue de la consultation, une prescription est délivrée pour une évaluation de 45 minutes auprès d'un psychologue conventionné. Ce bilan est adressé au médecin traitant, qui établit une seconde ordonnance selon la sévérité du trouble.

S'il est jugé "faible à modéré", dix séances de thérapie de soutien de 30 minutes seront remboursées. Elles pourront être complétées de dix séances de thérapie encadrée de 45 minutes, si cela s'avère nécessaire.

En cas de troubles plus lourds, l'orientation se fera vers un psychiatre, qui est déjà pris en charge.

Les tarifs crispent les psychologues

Les besoins d'une telle évolution sont réels. En 2015, sept millions d'adultes ont suivi des soins de santé mentale, selon l'Assurance maladie, pour un budget de 19,3 milliards d'euros. La plupart souffraient de dépressions légères  modérées, ou de troubles de l'adaptation. Des pathologies qui pourraient être soignées par une psychothérapie.

Mais il faudra convaincre les soignant.e.s de l'intérêt de s'investir dans l'expérimentation. Selon Capital, seuls 124 psychologues ont accepté de la rejoindre. Les autres sont réticents vis-à-vis des tarifs proposés par l'Assurance maladie : 22 euros les dix premières séances, puis 32 euros les 10 dernières. Le plus souvent, en libéral, le prix de la consultation est fixé à 50 euros.

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