Prendre la pilule contraceptive ne favoriserait pas la dépression, selon des chercheurs

© Istock

Il n'existe pas de lien entre la contraception hormonale et la dépression, d'après une revue de la littérature. La pilule ne favorise donc pas ce trouble mental. Une conclusion qui a de quoi rassurer les femmes sous contraceptif oral.

PUB

Pas plus de dépression avec la pilule contraceptive. Des chercheurs américains ont répertorié différentes études portant sur cette contraception hormonale et la dépression. En se basant sur des milliers de résultats jusqu'en 2016, ils ont pu évaluer le rapport entre ces deux facteurs. Leurs résultats sont publiés dans la revue médicale Contraception.

L'équipe de scientifiques de l'université de l'Etat d'Ohio (Etats-Unis) s'est particulièrement interessée aux femmes venant d'accoucher, aux adolescentes ainsi qu'aux femmes ayant un passé dépressif.D'après les différents travaux menés sur le sujet, il n'existe aucun lien solide entre la pilule contraceptive et la dépression, même pour les pilules contenant de la progestérone.

PUB
PUB

Inutile de s'inquiéter

En effet, comme l'explique le Dr Brett Worly, auteur principal de l'étude, "la dépression est un sujet d'inquiétude pour de nombreuses femmes qui commencent à prendre un contraceptif hormonal, surtout quand celui-ci contient de la progestérone".

Se faisant rassurant, il poursuit en expliquant que "nos résultats montrent que cet effet secondaire ne devrait pas inquiéter la plupart des femmes et qu'elles peuvent être à l'aise avec un choix effectué en toute sécurité".

Le chercheur souligne tout de même que les femmes enceintes et les adolescentes peuvent être plus sensibles à la dépression; mais il relativise en expliquant que le risque est déjà présent même sans contraceptif hormonal. "Pour ces patientes, il est important d'entretenir une bonne relation avec le personnel de santé, afin d'être convenablement suivies, quelque ce soit le médicament qu'elles prennent", conseille donc le spécialiste.

Si cette étude ne montre pas de risque augmenté, d'autres se montrent encore plus positives. C'est le cas d'uneétude publiée en 2010 dans le Britsh Medical Journal,et qui porte sur une population de 46 000 femmes recrutées suivies durant près de 39 ans.

Elle serait même bonne pour la santé

La moitié de ces femmes ont pris la pilule en moyenne durant 4 ans, et leur devenir a été comparé à celles qui n’ont jamais utilisé ce mode de contraception. Et les résultats sont pour le moins étonnants.

Sans surprise, les femmes sous pilule avaient moins de douleurs de règles et moins de syndromes prémenstruels (ensemble des symptômes ressentis avant les règles et les premiers jours de celles-ci tels que gonflement et/ou douleurs abdominales, douleurs et/ou tensions des seins).

Mais il existe aussi de nombreux bénéfices non contraceptifs à la pilule, à commencer par une baisse de 12 % de la mortalité toutes causes confondues.Les utilisatrices de la pilule présentaient un taux plus faible de décès concernant tous les cancers : le cancer du côlon, du rectum, de l’utérus et des ovaires. Quant au cancer du sein, on remarque chez ces femmes ayant pris la pilule que le risque n’est pas augmenté.

Le taux de mortalité est également moindre pour toutes les maladies veineuses et artérielles : phlébite, embolies pulmonaires, infarctus et accident vasculaire cérébral.
La mortalité baisse aussi en ce qui concerne les affections respiratoires, du système nerveux, parasitaires et infectieuses, mentales ou psychiatriques.Avec la pilule enfin, les troubles génitaux et urinaires étaient moindres.

Finalement, seul le taux de mort violente était plus élevé chez les utilisatrices de pilule, mais ce fait insolite n’est pas retrouvé dans les autres études comparables, dont la Nurses’ Health Study, célèbre cohorte des infirmières américaines.

PUB
PUB

Contenus sponsorisés