Pouce ou tétine : faut-il choisir ?

La succion est un réflexe qui rassure, calme et aide bébé à s’endormir. Il faut donc le laisser sucer à sa guise. En revanche, lorsque bébé grandit, la succion du pouce ou d’une tétine entraîne un risque de déformation buccodentaire.  Quelle différence entre le pouce et la tétine ? Est-il préférable que bébé suce son pouce ou une tétine ?  Quels sont les avantages et les inconvénients du pouce et de la tétine ?
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Sucer son pouce ou une tétine calme et apaise bébé

La succion est un réflexe naturel et inné qui sécurise bébé. Cette succion non nutritive des doigts ou d’une tétine lui procure du réconfort. Il a même un effet antalgique très utile quand des soins douloureux tels qu’une prise de sang ou des vaccins doivent être pratiqués.

Globalement, deux situations se présentent :

  • soit bébé trouve naturellement son pouce et le suçote lorsqu’il en ressent le besoin,
  • soit les parents, ne sachant comment faire pour apaiser leur enfant, lui proposent une tétine.

Dans les deux cas, le risque potentiel est le même : que bébé n’arrive plus à se passer de son pouce ou de sa tétine pour s’endormir ou se calmer.

Alors faut-il lui refuser la tétine ou l’empêcher de sucer son pouce ?

Non pas du tout, on recommande classiquement de le laisser faire, car le réflexe de succion disparaît le plus souvent spontanément avant trois ans.

Suçoter pouce ou tétine n’est pas inquiétant, à condition que cette habitude disparaisse après l’âge de trois ans, l’enfant ayant trouvé d’autres façons pour se rassurer.

À noter que, pour les accros, la recherche en pleine nuit de la tétine peut être stressante et faire pleurer bébé, tandis que le pouce est toujours « à portée de main » ! D’un autre côté, la tétine passe généralement moins de temps dans la bouche que le pouce, notamment durant la nuit.

L’important est d’arrêter pouce et tétine avant l’âge de 3 ans

Pourquoi faut-il arrêter le pouce ou la tétine avant 3 ans ?

Car la succion intempestive, quelle qu’elle soit, peut entraîner des déformations du palais.

Contrairement à une idée reçue, la tétine n’est pas mieux que le pouce. Les orthodontistes mettent en garde les parents : pouce ou tétine déforment autant l’un que l’autre.

On considère que pouce ou tétine déforme le palais mais différemment :

  • Le pouce déforme latéralement : les dents du maxillaire supérieur seront plus hautes du côté droit si le bébé est droitier.
  • Le pouce exerce une traction en avant : les dents auront tendance à se décaler entre le maxillaire supérieur et l’inférieur, qui paraît en retrait.
  • La tétine déforme de façon médiane. Elle comprime les deux maxillaires : les dents laissent un trou ovale apparaître entre leurs petits bords dentelés.

Mais pouce ou tétine, le résultat est identique : le palais devient beaucoup plus étroit, plus creux, tandis que la mâchoire n’est pas assez large, entraînant forcément une mauvaise position des dents et aussi des incisives beaucoup plus en avant.

Selon l’assiduité de l’enfant, la force de succion, la fréquence et la durée, les risques sont plus ou moins importants, et pourront dans certains cas nécessiter une correction d’orthodontie.

Il faut bien noter aussi que la succion de tétines enduites d’un produit sucré est à proscrire car elle entraîne des caries et des lésions dentaires importantes.

L’utilisation trop fréquente de la tétine au-delà de l’âge de 12 mois a également été mise en cause dans les otites à répétition.

Autre élément à connaître : avoir une tétine en permanence dans la bouche ne favorise pas la communication, ce qui ne semble pas être le cas avec le pouce.

Mais on considère que les risques se démultiplient si l’enfant continue à sucer son pouce au-delà de trois ans :

  • palais creux, profond et étroit,
  • bouche entrouverte,
  • dents du haut avancées avec risque accru de se casser une dent,
  • problèmes de mastication,
  • espacement entre incisives supérieurs,
  • difficultés de prononciation,
  • respiration par la bouche,
  • pouce déformé,
  • risque de moqueries,
  • etc.
Source : 14e Journées de la Fédération de l’orthodontie, 4-7 novembre 2011. D-K Li et coll., British Medical Journal, décembre 2005.