Portugal : un bébé naît d’une femme en état de mort cérébrale depuis des mois

Une femme de 26 ans en état de mort cérébral depuis le mois de décembre, soit depuis 3 mois, a pourtant donné naissance jeudi 28 mars 2019 à un bébé.
© Istock

Des funérailles ont été organisées au Portugal pour Catarina Sequeira. La sportive canoéiste de haut niveau a été déclarée en état de mort cérébrale après une violente crise d'asthme chez elle, alors qu’elle était enceinte de 19 semaines. Elle était asthmatique depuis son enfance.

Le garçon pesait 1,7 kg

Son bébé, prénommé Salvador, a néanmoins pu voir le jour alors qu'elle était enceinte de près de 32 semaines. Il est actuellement en unité néonatale. Il pesait 1,7 kg et devrait rester à l'hôpital au minimum trois semaines. C’est le deuxième cas de ce type au Portugal. En 2016, un autre bébé, Lourenço, était né à Lisbonne après avoir survécu 15 semaines dans le ventre de sa mère elle aussi décédée.

L'état de la mère plongée dans le coma, s'est agravé

Après sa crise d’asthme aiguë la jeune femme avait été plongée dans le coma. Son état avait alors empiré jusqu’a ce que les médecins la déclare en état de mort cérébrale. C’est un appareil respiratoire installé durant 56 jours qui a permis au fœtus de survivre dans son ventre.  Selon les médecins, il était prévu d’attendre jusqu’à vendredi, soit jusqu’à la 32è semaine de grossesse pour effectuer une césarienne. Mais l’état de la sportive s’étant encore aggravé, l’intervention a finalement eu lieu la veille en urgence. La décision de garder l’enfant malgré la mort de la mère, a été prise par la famille et le père, mais aussi grâce à la loi portugaise sur… le don d’organes.

Une naissance possible grâce au don d'organes

Catarina Sequeira ne s’était jamais prononcée en défaveur du don. Filipe Almeida, responsable du comité d'éthique de l’établissement hospitalier s'est donc exprimé sur la logique et la législation qui ont permis cette naissance, lors d'un entretien accordé au site Internet de l’Observador : "Être donneur, ce n'est pas seulement être en mesure de faire don d'un foie, d'un cœur ou d'un poumon, mais aussi de pouvoir se donner soi-même pour qu'un enfant puisse vivre (…). Et personne n'a le droit d'interrompre le processus de décision de la mère".

Le père de l’enfant et toute la famille de la sportive souhaitaient que l'enfant naisse.

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