Parkinson : les pesticides n’empoisonnent pas que les agriculteurs

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Les pesticides chimiques augmentent le risque de maladie de Parkinson. Chez les agriculteurs mais aussi les riverains des exploitations agricoles, comme le montre une étude.

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Fongicides, insecticides, herbicides… La France figure parmi les plus gros consommateurs de produits phytosanitaires. Un usage qui n'est pas sans risque pour celles et ceux qui y sont exposés. Une étude française, parue dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, le rappelle.

Le lien entre la maladie de Parkinson et l'exposition aux pesticides chimiques a été démontré par plusieurs études. Elle est d'ailleurs reconnue comme une maladie professionnelle. Mais les personnes travaillant sur les exploitations agricoles ne sont pas les seules à être à risque, si l'on en croit ces résultats.

C'est la première fois qu'une étude se penche sur l'impact des phytosanitaires sur la santé de la population générale. Pour cela, les scientifiques de Santé publique France ont comparé le risque chez les agriculteurs, les personnes vivant en zone rurale et les autres.

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Une exposition à long terme

Sans surprise, ce sont les personnes travaillant en exploitation agricole qui sont les plus exposées à la maladie de Parkinson. Elles sont 10 % plus à risque de la développer que le reste de la population française.

Ce danger est particulièrement marqué à partir de 70 ans et plus élevé chez les individus qui exercent sur des terres viticoles. Rien d'étonnant à cela : ce secteur est connu pour son usage intensif de phytosanitaires.

Cela pourrait s'expliquer par deux éléments. Les exploitant.e.s les plus jeunes sont moins exposés aux pesticides les plus toxiques, comme les organochlorés ou le paraquat. Par ailleurs, on sait que ces substances s'accumulent dans le tissu adipeux. La durée d'exposition pourrait donc jouer un rôle dans l'apparition de cette maladie neurodégénérative.

Le problème, c'est que les personnes vivant à proximité de terrains agricoles sont elles aussi plus à risque de développer une maladie de Parkinson. Les familles et les riverains seraient donc potentiellement concernés.

Plusieurs explications possibles

Deux types d'exploitation sont particulièrement soupçonnés : la viticulture et l'élevage caprin (moutons, chèvres). Dans les zones où le nombre de terres viticoles est le plus élevé, on dénombre 10 % de cas en plus que la quantité attendue.

Les auteurs et autrices de cette étude soulignent toutefois qu'il est impossible d'accuser un pesticide en particulier, étant donnée la grande variété de produits utilisés. La source de l'exposition à risque est elle aussi assez floue.

"Les personnes vivant dans des zones caractérisées par des activités agricoles impliquant un usage important de pesticides pourraient être exposées aux pesticides, par exemple à leur domicile ou lieu de travail, soulignent les scientifiques. Il est également possible que les personnes vivant en zone rurale soient exposées par le biais d'applications de pesticides pour le jardinage ou par la consommation de fruits et légumes provenant de jardins traités ou d'eau de puits contaminée."

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