Des cellules embryonnaires contre la maladie de Parkinson

Publié le 21 Janvier 2002 à 1h00 par Dr Agnès Lara
Alors que le débat sur l'utilisation des cellules prélevées sur les embryons fait la Une de nombreux journaux, les expériences en cours sont encourageantes. Ainsi, la greffe de cellules souches embryonnaires dans le cerveau d' animaux atteints de la maladie de Parkinson donne déjà de bons résultats.
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La maladie de Parkinson touche 1% des personnes de plus de 50 ans. C'est une maladie dégénérative dont la cause reste à ce jour inconnue. Cette dégénérescence atteint certaines cellules nerveuses de notre cerveau qui sécrètent en temps normal une substance chimique, la Dopamine. Or celle-ci est un messager chimique qui commande la régulation de nos mouvements. Si elle n'est plus sécrétée en quantité suffisante, il en résulte des tremblements incontrôlés pouvant atteindre différentes parties du corps.

Que peut-on faire aujourd'hui ?

Le traitement actuel repose sur l'administration de lévodopa (qui se transforme en Dopamine une fois absorbée dans l'organisme) ou de substances analogues à la Dopamine.Ces traitements permettent au malade de maintenir ses activités et lui assurnt une durée de vie normale. Cependant, chez certains, l'efficacité du traitement diminue avec le temps. Les troubles moteurs réapparaissent et avec eux une altération progressive des facultés intellectuelles, d'où la nécessité de trouver d'autres traitements.De récentes expériences, menées sur des rats atteints de la maladie de Parkinson, laissent penser que l'injection de cellules souches embryonnaires dans le cerveau des malades pourrait à terme, constituer un traitement contre la maladie.

Les cellules souches embryonnaires, c'est quoi ?

Comme leur nom l'indique, ce sont des cellules que l'on prélève à partir d'un embryon. A ce stade de la vie, les cellules ne sont pas encore différenciées. Cela signifie qu'elle n'ont pas encore adopté une forme et une fonction particulière. Mais suivant l'environnement dans lequel elles évolueront, elle seront capables de se spécialiser en cellules cardiaques, hépatiques, nerveuses ou bien d'autres encore (d'où leur nom de « souche »).

Les expériences en cours

Une équipe de chercheurs américains a greffé des cellules souches embryonnaires d'origine murine (souris), dans le cerveau de souris souffrant de maladie de Parkinson. Il en ressort trois résultats très nets:

  • les cellules injectées se sont différenciées en neurones (cellules nerveuses) et produisent de la Dopamine.
  • Les premières indications laissent penser qu'elles fonctionnent correctement dans le cerveau des animaux greffés.
  • Elles engendrent un risque de cancer avéré puisque 5 animaux sur 25 sont morts suite à un développement de tumeur.

Ces résultats sont très encourageants dans la perspective d'obtenir un traitement contre cette maladie. Toutefois le risque de cancer lié à l'injection de cellules souches embryonnaires reste un frein majeur à leur utilisation et ces greffes resteront à l'état expérimental tant que leur innocuité sur l'homme n'aura pas été démontrée.