Maltraitance : ils mettaient de la moutarde sur les parties intimes de leurs enfants

Les jurés de la cour d’assises d'Eure-et-Loir se penchent sur un dossier terrifiant. Un couple est accusé d’avoir violé et fait subir de graves sévices à ses quatre enfants. Les parents mettaient entre autres de la moutarde sur les parties intimes des petits.
© Istock

L’Aide sociale à l’enfance du département de l’Eure-et-Loir avait décidé en 2016 le placement d’une fratrie composée de deux garçons et deux filles après avoir remarqué de graves carences éducatives, des problèmes d’hygiène et des manques de soins et d’alimentation de la part des parents.

Les enquêteurs avaient rapporté que l’appartement situé à Chartres était très sale et peu meublé. Par ailleurs, les portes intérieures avaient été retirées et des posters de femmes nues accrochés aux murs. Plus inquiétant encore, le frigo ainsi que les placards étaient cadenassés.

Maltraitance : des sévices sexuels également

Les enfants, placés rapidement après cette découverte, se sont petit à petit confiés aux éducatrices qui les avaient pris en charge. Aujourd’hui âgés de 6, 10, 11 et 14 ans, ils ont révélé avoir également été victimes de viols de la part de leurs deux parents. Le couple aurait introduit un manche à balai dans leurs orifices. Les petits ont confié qu’ils enduisaient leurs parties intimes de moutardes pour les empêcher de faire dans leur culotte.

La santé des enfants maltraités impactée

La maltraitance et le manque de soins ont provoqué de nombreux soucis de santé aux enfants. La fratrie était très dénutrie. Il a d’ailleurs été nécessaire de retirer toutes les dents de l’une des petites filles.

Le père a reconnu une partie des faits pendant la garde à vue, puis il s’est par la suite rétracté. La mère, de son côté, a toujours nié en bloc les sévices. Le procès qui débute le lundi 14 octobre 2019 se poursuivra jusqu’au vendredi 18 octobre. Le couple risque la réclusion criminelle à perpétuité

Violence sexuelle : 165 000 enfants en sont victimes chaque année en France

Voilà des chiffres effrayants : chaque année, 130 000 filles et 35 000 garçons subissent des viols et tentatives de viols en France. Selon une enquête Ipsos réalisée pour l’association Mémoire traumatique et victimologie dont les résultats ont été publiés le 7 octobre, la moyenne d'âge des petites victimes de violences sexuelles est de 10 ans. Dans 22% des cas, il s’agit de viols. Et, la majorité des cas sont des incestes. L’agresseur est dans 9 cas sur 10 un homme, âgé en moyenne de 30 ans. Néanmoins, il est mineur dans 30% des cas.


Viol : les enfants qui parlent ne sont pas toujours entendus

69% des victimes de violences sexuelles parlent. Le taux monte à 77% en cas de viols. 8 enfants sur 10 briseront le silence de leur propre initiative en se confiant à un membre de leur famille (56%). 

Toutefois, cette enquête réalisée auprès de 502 français·e·s âgé·e·s majeur.e.s, ayant été victimes de viols et d’agressions sexuelles dans l’enfance, montre que parler n’est pas une garantie d’être secourues. Pour plus des deux tiers des sondés, le fait d’avoir parlé n’a entraîné aucune conséquence. Seuls 8% ont été protégés. De plus, l’agresseur n’a été éloigné de la victime que dans 6% des cas.

Concernant les 31% de victimes qui n’en ont jamais parlé, la moitié a reconnu qu’elles préféraient garder le silence. Les autres aimeraient se confier à un membre de leur famille (38%), à un ami (12%) ou à un professionnel de la santé (11%). Pour eux, révéler publiquement l’agression est difficile, car ils ont souvent honte ou ne savent pas comment aborder le sujet ni à qui en parler.

Des conséquences sur la santé

Plus de 7 victimes de viols sur 10 estiment que leur agression a impacté leur santé mentale ainsi que leur vie familiale et sociale. 59% estiment que cela eu des conséquences sur leur santé physique, 81% sur leur sexualité et 54% sur les études et sur leur vie professionnelle.

Maltraitance : ils mettaient de la moutarde sur les parties intimes de leurs enfants© Service de presseInfographie fournie par Mémoire traumatique et victimologie

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