Laits pour bébés : des produits Nestlé et Danone contaminés par des huiles minérales toxiques

Foodwatch réclame le rappel de deux laits en poudre Nestlé et Danone. Ces produits pour bébé, vendus en France, contiennent des “substances toxiques” selon l’association de défense des consommateurs.
© Istock

Foodwatch tire la sonnette d’alarme. Des tests menés par des laboratoires certifiés ont révélé la “présence d'huiles minérales dangereuses pour la santé dans des laits en poudre pour bébés”. L’organisation précise “deux laits sur les huit achetés en France montrent une contamination inacceptable d'hydrocarbures aromatiques d’huiles minérales, aussi appelés MOAH".

L’organisation pointe du doigt les produits Nidal Lait en poudre 1er âge, de 0 à 6 mois (Nestlé) et Gallia Galliagest Croissance sans lactose, De 12 mois à 3 ans (Danone). Selon les données recueillies par trois laboratoires certifiés, ils contiennent respectivement 1,2 MG et 0,7 MG de MOAH par kg.

L'ONG réclame aux marques Nestlé et Danone de “rappeler immédiatement les deux produits concernés par cette contamination”. Elle estime “Bien que les tout-petits ne soient pas exposés à un danger immédiat et aigu, toute exposition aux hydrocarbures aromatiques d'huiles minérales dans l'alimentation présente un danger pour la santé”.


Pour donner plus de poids à sa demande, l’association a aussi lancé une pétition dans l’Hexagone et en Allemagne.

“Ces hydrocarbures aromatiques d’huiles minérales, les MOAH, n’ont rien à faire dans nos aliments, et encore moins dans les produits destinés aux tout-petits. Nous ne pouvons tolérer que les laits en poudre contaminés de Nestlé et Danone restent un jour de plus en rayons. Ils doivent être rappelés du marché immédiatement et partout”, martèle Camille Dorioz, responsable de campagnes chez Foodwatch France.

MOAH : des composés potentiellement dangereux

Les hydrocarbures aromatiques d’huiles minérales (MOAH) - utilisés entre autres dans les encres ou les adhésifs des emballages alimentaires en papier et carton - sont soupçonnés d’être potentiellement cancérogènes et mutagènes (c'est-à-dire qu'ils peuvent altérer l’ADN). Ils sont aussi accusés d'être des perturbateurs endocriniens.

Ce n’est pas la première fois que ces produits chimiques sont épinglés par des organismes.

L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (ANSES) recommandait en 2017 de “réduire la contamination des denrées alimentaires par ces composés”, en raison “du caractère génotoxique et mutagène mis en évidence pour certains MOAH”. Elle demandait également” la réalisation d’études de toxicité supplémentaires” sur ces produits auxquels le consommateur est exposé.

“Mais à ce jour, ni la France ni l’Union européenne n’ont mis en place de législation garantissant la protection des consommateurs” précise Foodwatch dans son communiqué publié le 24 octobre.

Karine Jacquemart, directrice de foodwatch France ajoute "Quand il s’agit de santé publique, il n'y a pas de place pour l'incertitude. Aujourd’hui quand on achète des produits alimentaires, on n’a aucun moyen de savoir s’ils sont contaminés par ces huiles minérales, invisibles à l’œil nu. Or, les risques sont bien connus".


Des laits contaminés également en Allemagne et aux Pays-Bas

Foodwatch a également testé des laits infantiles allemands et néerlandais. Les résultats sont tout aussi inquiétants. Sur les 4 produits testés en Allemagne, 3 présentent des traces de MOAH inquiétantes (Novalac Säuglingsmil-chnahrung PRE 400g, 0,5 Mg/kg ; Nestlé Beba Optipro pre 800 g von Geburt an 3mg/kg et Nestlé Beba Optipro 1 800 g von Geburt an 1,9mg/kg).

Même résultat aux Pays-Bas. 3 laits sur 4 sont contaminés : (Neolac Bioologisch 1 Volledge zuigenlingen-voeding 0-6m (Nestlé) : 1,6 Mg/kg ; Hero Baby Nutrasense hypoallergen 0-6 maaden : 0,8Mg/kg, et Nutrilon Dieetvoeding Bij koemelkallergie 10-6 maanden : 1,2 mg/kg).

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