Infections urinaires : cystite, urétrite ou pyélonéphrite ?

Publié le 20 Mai 2011 à 11h31 par Rédaction E-sante.fr
Il existe trois types d’infections urinaires, qui se distinguent selon l’organe touché : l’urètre, la vessie et les reins. Quelles sont les grandes caractéristiques de ces infections urinaires et leur gravité respective ? Le point sur les infections urinaires.
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D'où proviennent les infections urinaires ?

Les infections urinaires sont liées à des bactéries qui pénètrent et se développent dans les voies urinaires. Dans la majorité des cas, l’infection est due à la bactérie Escherichia coli. Présente normalement dans le côlon, elle peut migrer dans les voies urinaires via l’urètre. Pour des raisons anatomiques les infections urinaires sont plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes : chez les femmes, le conduit urétral est plus proche de l’anus et l’urètre est plus court.

Les rapports sexuels sont aussi des facteurs favorisant les infections urinaires. Chez l’homme, une prostate volumineuse qui bloque la vessie et des calculs rénaux sont des facteurs favorisant les infections urinaires. Certaines maladies et traitements médicamenteux peuvent se trouver à l’origine d’infection (diabète, cortisone…). Enfin des antécédents d’infections urinaires et des pathologies empêchant la vessie de se vider exposent aussi aux infections urinaires.

Les 3 types d’infections urinaires

Lorsque l’infection se localise au niveau de l’urètre, on parle d’urétrite. Lorsqu’elle remonte au niveau de la vessie, c’est la cystite et enfin, si elle atteint les reins, on parle de pyélonéphrite.

L’urétrite (infection de l’urètre)

L’urètre est le conduit qui relie la vessie au méat urinaire (ouverture vers l’extérieur). L’urétrite est le plus souvent liée à une infection sexuellement transmissible, notamment à chlamydia et gonocoque.

Chez l’homme, une prostatite est souvent associée à une urétrite, laquelle peut provoquer des écoulements génitaux. L’urétrite provoque des brûlures lors de la miction. La présence de pus dans les urines est parfois observée.

Sans gravité, l’urétrite guérit spontanément en 24-48 heures. Par précaution, on prescrit un antibiotique, de plus en plus souvent en dose unique, comme pour la cystite.

La cystite (infection de la vessie)

Via l’urètre, les bactéries (essentiellement Escherichia coli) véhiculées depuis l’anus remontent jusqu’à la vessie où elles colonisent cet organe.

La cystite touche encore plus particulièrement les femmes.

L’urètre étant généralement lui aussi infecté par les bactéries, les symptômes sont similaires à ceux de l’urétrite, à savoir des brûlures à la miction, associées à des envies fréquentes d’uriner, des urines malodorantes, parfois une gêne au niveau du pubis et de la partie inférieure de l’abdomen. La présence de sang dans les urines est fréquente, mais ne représente pas un signe de gravité.

Comme l’urétrite, l’infection est bénigne et se résorbe si on la traite à l’aide d’antibiotiques (dose unique ou traitement de 3 jours).

Pyélonéphrite (infection des reins)

Cette infection est potentiellement grave car elle touche les reins. Il s’agit le plus souvent d’une contamination depuis la vessie, les bactéries vésicales remontant jusqu’aux reins. Autrement dit, une cystite non traitée peut conduire à une pyélonéphrite. Mais les bactéries peuvent provenir d’autres foyers infectieux, propagées par la circulation sanguine.

A noter que cette infection touche surtout des femmes mais peut aussi survenir chez des enfants atteints d’une malformation urétérale à l’origine d’un reflux de la vessie vers les reins.

Les principaux symptômes de la pyélonéphrite sont : douleurs sur les côtés, fièvre, frissons, tremblements, nausées et vomissements. Il faut rapidement consulter !

Le traitement repose sur des antibiotiques, parfois prolongé afin d’éliminer les bactéries et le cas échéant sur l’élimination des calculs rénaux.

Même si l’urétrite et la cystite sont des infections urinaires bénignes qui se résorbent d’elles-mêmes dans la majorité des cas, il est recommandé de consulter pour bénéficier d’un traitement antibiotique. Car sans traitement, ces infections risquent de s’étendre et de toucher les reins, provoquant une pyélonéphrite, infection grave cette fois.

Source : Urologie : infections urinaires de l’enfant et de l’adulte, Jean-Nicolas Cornu. Collection Hippocrate, 2009 ; Centre Duke, Encyclopédie pratique de la nouvelle médecine, Editions Robert Laffont.