Les infections gynécologiques bénignes des plages...
Publié le 30 Juillet 2007 à 2h00 par Rédaction E-sante.fr
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Quelles sont les infections gynécologiques bénignes des plages les plus fréquentes ?

La plus fréquente des infections vaginales est la vaginose bactérienne, suivie par lamycose.

Le point sur ces deux infections gynécologiques avec le Dr David Elia*.

La vaginose bactérienne

La vaginose bactérienneest due à un germe dénommé "gardnerella vaginalis", extrêmement fréquent.

La contamination peut être sexuelle ou non (simple contact peau, eau…).

Elle se caractérise par des pertes abondantes, classiquement liquides, d'une couleur gris/verdâtre, et surtout d'une odeur très particulière de poisson pourri (aussi dénommée "fish syndrome").

Cette odeur se manifeste surtout à la suite d'une réaction chimique entre les pertes et le sperme ou le sang.

C'est donc après un rapport sexuel ou pendant les règles que les femmes peuvent vraiment se rendre compte de cette odeur désagréable.

La vaginose bactérienne n'est pas grave et donne rarement d'autres symptômes que ces pertes malodorantes.

Le traitement est extrêmement simple et se présente sous la forme d'ovules ou de comprimés qui font disparaître l'infection en l'espace de quelques jours.

Le traitement du partenaire ne se fait généralement qu'en cas de récidives fréquentes car il n'est pas exclu qu'il ait quelques germes dans son urètre.

La mycose vaginale

Tout aussi bénigne, la mycose vaginale est due à un champignon "candida albicans", qui, comme tous les champignons, se développe d'autant mieux dans les endroits humides.

La mycose vaginale se manifeste par des pertes extrêmement compactes et blanches, un peu comme des peaux de lait ou du yaourt. Etant peu abondantes, elles s'extériorisent peu.

En revanche, ces pertes s'accompagnent d'un symptôme très évocateur : des démangeaisons très intenses touchant les petites lèvres, les grandes lèvres et la vulve. Au niveau de la vulve apparaissent également des symptômes inflammatoires : rougeurs, petits boutons et parfois même de petites coupures.

Le traitement de la mycose vaginale repose également sur des ovules et/ou des comprimés.

Les choses se compliquent lorsque les deux infections, mycose et vaginose, coexistent en même temps car le traitement de l'une n'est pas efficace contre l'autre. Il faut donc un double traitement pendant une dizaine de jours.

La mycose a aussi l'inconvénient d'être souvent chronique, ce qui déstabilise les femmes et les couples, car cette affection rend les rapports douloureux.

La situation est encore pire lorsque la mycose est silencieuse, sans symptôme, car elle se réveille précisément à l'occasion des rapports sexuels.

C'est ainsi que les hommes sont accusés d'avoir transmis la mycose. Il n'en est rien, car lorsqu'un homme est atteint de mycose, cela se voit très clairement : des boutons rouges apparaissent sur la verge et une possible inflammation se traduit par des plaies, des coupures. De tels symptômes ne peuvent pas passer inaperçus.

Attention, les antibiotiques favorisent les mycoses vaginales !

Les antibiotiques peuvent aussi poser problème. Quelle que soit l'origine de leur prescription (cystite, affection dentaire, abcès, acné…), ils favorisent les mycoses car ils éliminent tous les germes, à l'exception de candida albican. Ce dernier en profite alors pour se développer.

Ainsi, il est très classique qu'une femme traitée pour une cystite se plaigne ensuite de démangeaisons. Son traitement a éliminé la cystite mais a favorisé le développement d'une mycose !

En conclusion, la mycose se reconnaît essentiellement par des démangeaisons, tandis que la vaginose se caractérise par des pertes abondantes ayant une odeur désagréable lors des rapports ou des règles.

Ces infections fréquentes ne sont pas graves, à l'inverse d'autres infections sexuellement transmissibles (herpès, gonocoques, chlamydia) qui peuvent être à l'origine de stérilité.