FIV : un test génétique pour connaître le QI du futur bébé

Publié le 19 Novembre 2018 par Laurène Levy, journaliste santé
Une entreprise américaine envisage de tester génétiquement les embryons issus de FIV pour détecter ceux à risque de handicap mental et de faible QI. Une technique qui ravive le débat éthique autour du diagnostic préimplantatoire.
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Un embryon conçu en fécondation in vitro (FIV) et testé génétiquement pour détecter d’éventuels handicaps mentaux et connaître à l’avance son niveau d’intelligence. Il ne s’agit pas d’un scénario de science-fiction, mais bien d’une pratique que la société américaine Genomic Prediction espère proposer très prochainement aux futurs parents, rapporte le New Scientist le 15 novembre 2018. Cette société installée dans le New Jersey s’est en effet spécialisée dans les tests pré-nataux.

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Détecter les QI inférieurs à la moyenne

En pratique, Genomic Prediction envisage de passer au crible certaines parties de l’ADN de l’embryon pour y détecter d’éventuelles anomalies. Les anomalies détectables de cette manière sont soit celles causées par un unique gène soit liées à un problème sur les chromosomes, comme par exemple la trisomie 21.

En ce qui concerne l’intelligence, la société envisage de passer au crible plusieurs gènes pour repérer les embryons à risque d’exprimer un quotient intellectuel (QI) inférieur de 25 points à la moyenne. Pour le moment, l’entreprise américaine envisage de proposer aux futurs parents de ne pas sélectionner les embryons à risque de handicap ou de faible QI, mais elle n’exclut pas d’offrir la possibilité inverse : sélectionner volontairement les embryons à fort QI. "Je pense que les gens vont le demander. Si nous ne le faisons pas, une autre compagnie le fera" se justifie Stephen HSu, co-fondateur de Genomic Prediction, auprès du New Scientist.

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ADN, chromosomes et gènes Les molécules d’ADN contenues dans chacune des cellules d’un organisme forment des structures appelées chromosomes. Chez l’humain, les chromosomes sont au nombre de 46. Chaque chromosome contient plusieurs milliers de portions d’ADN à la suite les unes des autres et correspondant aux gènes, qui portent des informations génétiques. Un même gène peut exister sous différentes formes. Ces formes variables donneront des caractères uniques chez chaque individu.

Ethique et risques de dérive

Mais cette possibilité aux allures futuristes soulève des questions d’éthique. Choisir un embryon pour son futur QI et construire ainsi un enfant selon certains critères de choix renvoie en effet à des dérives eugéniques qui consisteraient à adopter toutes les méthodes disponibles dans le but d'améliorer le patrimoine génétique humain.En France, la FIV est strictement encadrée par des lois de bioéthique. Selon l'Article 16-10 du code civil, un examen génétique ne peut donc être entrepris "qu’à des fins médicales ou de recherche scientifique". Le diagnostic préimplantatoire, qui consiste à réaliser des tests génétiques sur un embryon conçu in vitro avant implantation utérine, n’est autorisé qu’aux couples présentant des risques "de transmettre à leur enfant une maladie génétique d’une particulière gravité", rappelle l'Agence de la Biomédecine.

Source : Exclusive: A new test can predict IVF embryos’ risk of having a low IQ. NewScientist, 15 novembre 2018 h
Code civil Article 16-10 Modifié par Loi n°2004-800 du 6 août 2004 - art. 4 JORF 7 août 2004. 
Le diagnostic préimplantatoire et vous. Agence de la biomédecine, Actualisation suite au vote du 7 juillet 2011 


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