Et si nos chiens étaient à l’origine des prochaines épidémies de grippe ?

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La prochaine pandémie majeure de grippe pourrait venir d'un animal que nous côtoyons souvent : le chien. Des scientifiques ont détecté de nouvelles souches contre lesquelles nous ne sommes peut-être pas immunisés.

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Il est considéré comme le meilleur ami de l'être humain. Sept millions de chiens tiennent d'ailleurs compagnie aux Français.es. Mais derrière ce physique bonhomme se cache peut-être une menace mondiale. En effet, la race canine pourrait bien constituer le point de départ de la prochaine pandémie de grippe.

Cette conclusion, ce sont des scientifiques de l'Icahn School of Medicine (Etats-Unis) qui la tirent de leurs travaux, publiés dans la revue en ligne mBio. Ils ont analysé le profil génétique de 16 souches du virus de la grippe, prélevées chez des chiens entre 2013 et 2015 en Chine.

Les animaux avaient été amenés chez le vétérinaire car ils souffraient de troubles respiratoires. Malgré toute la compassion que pourraient susciter ces boules de poils, l'inquiétude est également justifiée. Une fois introduit dans l'organisme canin, le virus de la grippe accomplit une évolution complexe.

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Une grippe peut-être carabinée

L'origine des souches reste généralement la même : apparue chez l'oiseau, elle s'est ensuite transmise au porc avant d'atteindre la race canine. Mais le résultat est un nouveau groupe de virus aux caractéristiques particulières.

"Nous retrouvons à présent du H1N1, du H3N2 et du H3N8 chez le chien, résume le principal auteur de cette étude, Adolfo García-Sastre. Ils commencent à interagir les uns avec les autres. Cela ressemble beaucoup à ce qui s'est produit chez les porcs, une dizaine d'années avant la pandémie H1N1 [de 1918]."

Sans verser dans l'alarmisme, les scientifiques pointent plusieurs zones d'ombres. Jusqu'ici, aucune transmission chien-homme ne s'est effectuée. Nous ignorons donc si l'être humain dispose des défenses immunitaires appropriées.

Vacciner ou non ?

La race canine a, jusqu'ici, été relativement épargnée par ce virus mais des précédents existent. Ils ont permis de montrer que, grâce aux nombreuses races de chiens, le brassage pourrait être majeur.

Dans la mesure où nous côtoyons étroitement ce réservoir potentiel, ces inconnues doivent être levées, estiment les scientifiques. En effet, peu de mesures de prévention existent actuellement.

La détection de la grippe aviaire s'accompagne, par exemple, d'un contrôle strict des élevages et d'une élimination des animaux touchés. Cela n'existe pas chez le chien. La question de la vaccination est également soulevée par les auteurs de ces travaux.

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