Les électrodes, efficaces dans la maladie de Parkinson

© Istock

Stimuler à l’aide d’un courant électrique une zone précise du cerveau des personnes atteintes de la maladie de Parkinson peut faire des miracles. Cette « neurostimulation cérébrale profonde » est désormais un traitement de première ligne parfaitement au point. Il faut y penser très tôt, dans les toutes premières années de la maladie.

PUB

La neurostimulation n’est pas une solution de dernier recours

En 2017, la neurostimulation dite « cérébrale profonde » est enfin couramment utilisée dans la maladie de Parkinson avec d’excellents résultats. Elle s’est développée ces dernières années, le matériel s’étant notablement amélioré.

En voici le principe : dans la maladie de Parkinson, une zone délimitée à l’intérieur du cerveau (le « noyau sous-thalamique ») est hyperactive. Elle brouille ainsi le message, désorganisant les autres structures cérébrales en charge de la motricité. La neurostimulation inhibe les neurones de ce noyau sous-thalamique grâce à un courant électrique. Les autres structures reprennent alors leur fonctionnement normal.

La neurostimulation améliore l’ensemble des symptômes de la maladie de Parkinson :

Les tremblements (amélioration de l’ordre de 80%).

PUB
PUB
  • Les blocages et la rigidité musculaire (amélioration de l’ordre de 70%).
  • Les symptômes « moteurs » à savoir la lenteur d'initiation des mouvements avec une tendance à l'immobilité (akinésie). L’amélioration est de l’ordre de 50 à 60% et jusqu’à 90%.
  • Le traitement médicamenteux. Les posologies sont diminuées de moitié.
  • Le confort de vie des parkinsoniens et des aidants est amélioré de façon non négligeable.

La neurostimulation, après quatre à cinq année d’évolution de la maladie

Les candidats à la neurostimulation doivent répondre à des critères stricts : être âgé de moins de 70 ans, que le traitement médicamenteux et en particulier à la dopamine soit efficace chez eux, être indemne de troubles cognitifs, ne pas chuter ni présenter de troubles de la déglutition et ne pas souffrir de blocage « freezing » (difficulté à initier un mouvement puis départ soudain et risque de chute) car la neurostimulation peut aggraver ce trouble.

Ce sont des personnes qui en sont au stade de « fluctuation motrice » (variations de la motricité ou du moral selon la quantité de dopamine qui se trouve dans leur cerveau. Il s’agit de la détérioration des capacités, d’un retour aux symptômes en fin de dose du médicament), environ 4 à 5 ans après l’initiation du traitement par dopamine. Ils ont aux alentours de la cinquantaine.

Les neurones situés dans trois grandes zones cérébrales peuvent être ciblés, en fonction des stades de la maladie :

  • Le noyau sous-thalamique, un petit noyau localisé dans le tronc cérébral (partie du système nerveux central servant de relai entre l'encéphale et la moelle épinière). Cette neurostimulation, la principale, doit être réalisée précocement en début de la maladie et respecter les critères stricts cités plus haut, avec l’ensemble des bénéfices attendus.

  • Le thalamus. La neurostimulation de cette structure est préférée chez les patients un peu plus âgés, présentant uniquement des tremblements et de légers problèmes cognitifs. Seul le tremblement est amélioré.

  • Le pallidum. Ces neurones sont plus spécifiquement inhibés chez les malades à un stade plus avancé avec d’importantes fluctuations motrices, c’est-à-dire qui alternent les états où ils sont totalement bloqués dans leurs mouvements à un état de mouvement permanent (dyskinésies). Les dyskinésies disparaissent presque complètement.
Publié le 27 Mars 2017 | Mis à jour le 30 Mars 2017
Auteur(s) : Hélène Joubert, journaliste scientifique
Source : *Site des centres experts : http://www.aptes.org/parcours-de-soins/stimulation-cerebrale/centres/
D’après un entretien avec le Dr Sylvie Raoul, neurochirurgienne CHU de Nantes.