Douleur colique et allergie chez le nourrisson

Quand un bébé pleure après son biberon et présente manifestement une colique, il est possible que cela soit le signe d'un terrain allergique.
PUB

Certains nourrissons pleurent, voire se tordent de douleur après leur biberon. D'autres sont simplement mécontents et expriment un réel inconfort. En dehors des cas d'urgence (occlusion intestinale, etc.), certains diagnostics peuvent être évoqués.

Dans certains cas un reflux gastro-oesophagien est retrouvé et il doit être traité. En effet, chez ces bébés, le liquide gastrique brûle l'œsophage lors de remontées acides qui ne devraient normalement pas avoir lieu. Un tel reflux est confirmé par une pH-métrie qui mesure tout au long d'une journée, la survenue de tels incidents. Outre la douleur, le risque de tels reflux est d'entraîner des asthmes par irritation des bronches.

PUB
PUB

Dans d'autres cas on retrouve une allergie aux protéines de lait et l'on peut prescrire des laits moins allergisants. Mais dans de nombreux cas, on ne retrouve pas de cause bien qu'une origine allergique soit souvent suspectée.

Une étude a permis de suivre 116 de ces enfants en codant leur niveau d'irritabilité et de coliques sur 7 jours consécutifs, à l'âge de 7 et de 12 semaines. Deux années plus tard, 38 % d'entre eux présentaient une maladie atopique, c'est-à-dire un terrain favorable aux eczémas, aux asthmes, aux rhinites et aux allergies.

En pratique devant de tels enfants, il ne faut pas s'inquiéter car les coliques passeront. Il convient bien sûr de les soulager le mieux possible de leurs douleurs. Mais il faut aussi les faire suivre de manière à traiter, le plus tôt possible, la survenue d'une maladie atopique.

Il faut savoir que ce terrain atopique est souvent associé à une sécheresse de peau. Il ne faut pas hésiter à hydrater quotidiennement la peau de ces enfants pour éviter les eczémas (utilisation d'un savon doux et d'une crème hydratante comme topicrème). Quant à l'asthme il peut se signaler par de simples toux pour lesquelles il ne faudra pas tarder à consulter.

Publié le 14 Janvier 2002
Auteur(s) : Dr Philippe Presles