Coliques de bébé : peut-être une allergie au lait de vache ?

Publié par Dr Philippe Presles le Dimanche 02 Juillet 2000 : 02h00
Mis à jour le Jeudi 01 Juin 2017 : 15h26

Quand les nourrissons se tordent de douleur après leur biberon, ce peut être une allergie aux protéines du lait de vache.

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Coliques du nourrisson : quand suspecter une allergie aux protéines au lait de vache ?

Les coliques, comme des douleurs intestinales, sont souvent très intenses chez les nourrissons dans les premiers mois de vie. Mises sur le compte d’une immaturité du système digestif, elles se manifestent par des pleurs pouvant durer des heures accompagnés de tortillements. Ces douleurs peuvent continuer jusque tard dans la nuit après l'heure du dernier biberon, avec des conséquences sur la vie familiale pouvant être très importantes. Les coliques du nourrisson sont, de ce fait, pourvoyeuses de changements de lait intempestifs, de traitements médicamenteux divers et variés, et surtout de beaucoup d’angoisse pour les parents. Il n’existe à ce jour pourtant aucun traitement ni lait efficaces contre ce désagrément qui disparaît de lui-même dans les 3 ou 4 premiers mois de vie.

Parfois, cependant, les douleurs abdominales de bébé peuvent s’intégrer dans un tableau d’allergie aux protéines de lait de vache en étant un symptôme révélateur : si les coliques du nourrisson, de façon isolée, sont très fréquentes et banales, ne constituant à elles-seules aucunement une maladie, elles sont importantes à prendre en charge dans le cadre d’une allergie aux protéines de lait de vache. Mais comment faire la distinction ?

Les coliques du nourrisson, quand elles sont isolées, ne sont pas inquiétantes. En dehors des épisodes de pleurs et de douleurs abdominales, qui peuvent être très intenses et durer des heures sans préjuger de leur gravité, l’enfant va très bien : il s’alimente bien, présente une belle prise de poids, ses selles sont normales, il est souriant et dort bien.

Si les coliques s’accompagnent de manifestations cutanées (eczéma, urticaire), ou de selles très diarrhéiques avec parfois présence de sang, s’il existe un reflux rebelle, ou un asthme, une mauvaise prise de poids chez un bébé irritable, qui dort mal et qui refuse parfois de s’alimenter : alors, dans ces cas-là, il faut envisager la possibilité d'une allergie au lait de vache et non de simples coliques. Cette hypothèse est d’autant plus vraisemblable dans un contexte de passage récent au lait artificiel.

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Qu’est-ce que l’allergie aux protéines au lait de vache ?

L’allergie aux protéines de lait de vache est une allergie alimentaire touchant en moyenne 5% des nourrissons, et qui apparaît en règle avant l’âge de 6 mois. Il s’agit, chez l’enfant, de la quatrième allergie alimentaire derrière l’œuf, l’arachide et le poisson.

Le lait contient de nombreuses protéines différentes, mais, le plus souvent, ce sont les caséines et la bêta-lactoglobuline qui sont mises en cause dans la réaction allergique.

Dans la majorité des cas, les symptômes apparaissent lors du sevrage de bébé avec démarrage de l’allaitement avec du lait artificiel. Les symptômes peuvent être d’apparition immédiate avec urticaire, œdème du visage, diarrhée profuse, vomissements, rhinite allergique, crise d’asthme, pouvant aller jusqu’au choc anaphylactique, réaction allergique très sévère. Les réactions peuvent être retardées et se manifester par de l’eczéma, des coliques, une diarrhée, la présence de sang dans les selles, un reflux rebelle aux traitements habituels, une mauvaise prise de poids.

L’allergie au de lait de vache dans sa forme immédiate est plus facile à mettre en évidence que dans sa forme retardée, les symptômes étant plus évidents et apparaissant dès le premier biberon de lait artificiel ; les tests allergologiques réalisés sont le plus souvent positifs, affirmant à coup sûr le diagnostic.

Dans la forme retardée, le lien avec le lait artificiel n’est pas forcément évident, les symptômes sont moins évocateurs, pouvant être mis sur le compte d’une autre maladie, et les tests allergologiques réalisés peuvent être faussement négatifs, rendant le diagnostic plus complexe à établir.

Publié par Dr Philippe Presles le Dimanche 02 Juillet 2000 : 02h00
Mis à jour le Jeudi 01 Juin 2017 : 15h26
Source : Hill DJ et al. J Pediatr, 2000 ; 136 : 641-647
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