Divorce : les petits nomades de la garde alternée

Avec un divorce pour deux mariages sur l’ensemble du territoire et deux sur trois dans les grandes villes, la mise en place et la gestion de la garde des enfants encombre les tribunaux.

Résidence classique chez maman, avec un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires chez papa ou résidence alternée ?

Un point sur les études récentes.

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Garde alternée : un bon point pour le père, mais qu'en est-il pour l'enfant ?

Après avoir été longtemps considéré par la justice comme seules à pouvoir assumer l’éducation des enfants avec une présence souvent symbolique de ces derniers auprès de leurs pères, les mères sont clouées au pilori et sommées de laisser leurs tout petits aux pères la moitié du temps.

À l’heure qu’il est, toutes les études montrent que la résidence alternée est fortement déconseillée avant l’âge de 3 ans et peu recommandée avant 6 ans.

Pourtant certains magistrats, sans informations sur les besoins essentiels de l’enfant, le plus souvent des hommes, s’identifiant sans doute aux pères, préconisent la résidence alternée pour un nombre important de nourrissons.

Pour les plus grands aussi, la perte répétée chaque semaine des êtres d’attachement et des lieux de vie peut avoir à long terme un effet traumatisant.

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L’attachement, un besoin primaire chez l’enfant

L’attachement est un besoin inné, vital sur le plan affectif que l’enfant établit au début de sa vie avec l’adulte qui s’occupe principalement de lui. Il doit pouvoir maintenir une proximité physique avec cette personne lorsqu’il ressent un mal-être.

Lorsqu’il se sent en sécurité, l’enfant peut désactiver le système d’attachement et activer le système d’exploration du monde qui l’entoure en laissant sa curiosité s’exprimer.

La médiatisation des nouveaux pères qui assurent les soins des bébés a laissé penser que la spécificité du lien mère-bébé n’existait pas. Pourtant malgré l’implication précoce du père, c’est la base de sécurité maternelle qui doit être privilégiée lorsque les parents ne communiquent pas.

L’enfant perçoit le monde en fonction de son niveau de compréhension. Ainsi un enfant de huit mois et souvent même plus âgé ne peut garder l’image de sa maman dans la tête que pendant un certain nombre de jours : au-delà cette image s’efface comme si elle n’existait plus. Il perd aussi l’image des lieux et ne reconnaît plus sa maison après une absence relative. Ce n’est que lorsqu’ils grandissent que les petits impriment durablement leurs êtres d’attachement et les lieux familiers.

Confronté à des pertes constantes, ce sentiment d’insécurité les suivra toute leur vie et ils auront tendance à le transmettre à la génération suivante.

 
Publié par Véronique Ozanne, journaliste santé le Vendredi 27 Avril 2012 : 15h52
Mis à jour le Lundi 30 Avril 2012 : 15h03
Source : Magazine Côté Santé
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