Chlamydia : bientôt un dépistage systématique chez les jeunes femmes ?

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Les infections à chlamydia figurent parmi les infections sexuellement transmissibles (IST) les plus répandues chez les femmes jeunes. La Haute Autorité de Santé publie ses nouvelles recommandations qui promeuvent un dépistage systématique.

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"Au moins un dépistage de l’infection chez les femmes sexuellement actives de 15 à 25 ans inclus, y compris les femmes enceintes." La Haute Autorité de Santé (HAS) publie le 23 octobre 2018 ses recommandations concernant le dépistage de la chlamydiose, une des "infections sexuellement transmissibles (IST) les plus répandues chez les jeunes femmes". En misant sur un dépistage systématique, la HAS espère réduire la prévalence de cette infection qui se transmet par pénétration vaginale ou anale mais aussi par un simple contact peau à peau.

Un risque de complications sévères chez la femme

Le principal argument en faveur d’un dépistage systématique de la bactérie Chlamydia trachomatis est que 60 à 70% des jeunes femmes porteuses de ce germe ne présentent aucun symptôme et ignorent même qu’elles ont été infectées. Or, sans prise en charge, la bactérie se transmet aisément au sein de la population et des complications peuvent survenir chez les femmes : des atteintes inflammatoires pelviennes, des salpingites (inflammation des trompes utérines), une grossesse extra-utérine ou encore une stérilité tubaire (stérilité due à une anomalie des trompes). Un dépistage systématique chez les femmes jeunes pourrait alors "réduire le risque de complications à long terme chez la femme et limiter la propagation de l’infection au sein de la population, grâce à un traitement précoce", promet la HAS. Ce traitement repose sur la prise d'antibiotiques.

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Favoriser le dépistage des personnes à risque

Après le premier dépistage, deux situations sont envisagées par la HAS :

  • En cas de test négatif et de rapports sexuels non protégés avec un nouveau partenaire, le dépistage est répété chaque année. 
  • Si le test est positif, un traitement est défini et le dépistage est répété à trois ou six mois.

En plus de ce dépistage systématique, des dépistages supplémentaires devraient être proposés au cas par cas aux personnes à risque, identifiées par la HAS comme les hommes sexuellement actifs, présentant des facteurs de risque quel que soit leur âge, les femmes sexuellement actives de plus de 25 ans présentant des facteurs de risque et les femmes enceintes consultant pour une interruption volontaire de grossesse (IVG), sans limite d’âge.

Quels sont ces facteurs de risque auxquels la HAS fait allusion ? "Multipartenariat (au moins deux partenaires dans l’année), changement de partenaire récent, individus ou partenaires diagnostiqués avec une autre IST (Neisseria gonorrhoeae, syphilis, VIH, Mycoplasma genitalium), antécédents d’IST, hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), personnes en situation de prostitution, après un viol."

Multiplier les lieux de dépistage

Et en pratique, comment ce dépistage pourrait-il être mis en place ? Les centres de dépistage ne seraient plus la seule option, mais ce test pourrait être effectué dans les cabinets de médecine générale, de gynécologie et de sage-femme, après formation de ces professionnels de santé.

Autre solution : promouvoir l’auto-prélèvement car "le caractère intime des prélèvements peut dissuader de recourir au dépistage", note la HAS. En effet, le dépistage consiste en un prélèvement local et indolore à l’entrée du vagin chez la femme et en un recueil des urines ou un prélèvement à l’entrée de l’urètre chez l’homme.

Publié par Laurène Levy, journaliste santé le Mardi 23 Octobre 2018 : 12h50
Source : IST : la HAS recommande un dépistage systématique de l’infection à Chlamydia trachomatis chez les jeunes femmes. Communiqué de presse du 23 octobre 2018. 
Site www.info-ist.fr, géré par Santé Publique France, consulté le 23 octobre 2018

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