Cancer : les hôtesses de l'air plus touchées

© Istock

Les personnels navigants (hôtesses de l'air, stewards) seraient plus touchés par des cancers. Le résultat d'un environnement de travail cancérigène, alertent des chercheurs américains. 

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Cancer du sein, du col de l'utérus, de la peau... Les personnels navigants commerciaux (PNC) seraient plus touchés par ces pathologies.C'est le résultat d'une étudepubliée ce mardi dans la revue Environmental Health.

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Entre 2014 et 2015, les scientifiques de l'Ecole de santé publique d'Harvard (Etats-Unis) ont analysé la survenue de plusieurs types de cancer chez 5 366 agents de bord américains, retraités et encore en activité.Résultats :

  • On a constaté un nombre plus élevé de toutes les formes de cancers examinées chez les PNC, comparativement à la population générale;
  • Les hôtesses de l'air étaient particulièrement touchées par des cancers du sein, des mélanomes et des cancers cutanés non mélanome (carcinome);
  • Chez les femmes, l'ancienneté augmentait le risque de carcinome. Chez les hommes, le lien n'a pas été totalement établi avec les cancers de la peau;
  • Un lien entre la durée d'ancienneté et le cancer du sein chez les hôtesses de l'air ayant eu trois enfants ou plus a été observé.

Des résultats frappants alors même que les scientifiques ont constaté defaibles taux de surpoids et de tabagisme parmi les agents de bord suivis, qu'ils considèrent comme des indicateurs de bonne santé et de comportement sain.

Plusieurs expositions à risque

On peut en partie expliquer ce lien par l'environnement de travail des PNC. Les chercheurs rappellent que ce public est constament exposé à plusieurs cancérigènes connus et probables.

  • Les rayonnements ionisants venus de l'espace sont radioactifs. Lorsque l'avion atteint son altitude de croisière, le personnel à bord est moins protégé qu'au sol;
  • Un dérèglement de l'horloge biologique, dû aux horaires irréguliers, le travail de nuit et les nombreux fuseaux horaires traversés. Plusieurs travaux ont suggéré qu'il s'agissait d'un facteur de risque de cancer;
  • La mauvaise qualité de l'air en cabine, dénoncé par de récentes études;
  • Des niveaux élevés de fumée de tabac, pour les PNC ayant officié avant les interdictions de fumer en vol.

"Nos travaux devraient orienter les recherches à venir sur la santé de ce groupe de travailleurs sous-étudié, et mettre en lumière ce qui peut être fait pour réduire les expositions à risque ainsi que les cancers les plus courants chez le personnel navigant", concluent les scientifiques.

A noter que les PNC ne bénéficiaient pas d'un suivi particulier, jusqu'en 2014, concernant la dose de rayonnement cosmique qu'ils recevaient. Une situation qui s'est améliorée depuis en France : un institut indépendant est chargé des évaluations.

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