Cancer du col de l’utérus : l’OMS rappelle que le vaccin est "sûr et efficace"

Publié le 06 Février 2019 à 14h23 par Laurène Levy, journaliste santé
Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), agence de l’OMS, rassure sur l’efficacité et l’innocuité du vaccin contre le papillomavirus et rappelle son importance dans la lutte contre le cancer du col de l’utérus.
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"La vaccination contre le HPV est sûre, efficace et essentielle pour éliminer le cancer du col utérin." Dans un communiqué publié le 4 février 2019, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le cancer, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), agence de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), insiste sur l’importance du vaccin contre le papillomavirus humain (HPV) pour lutter contre le cancer du col de l’utérus. Les dernières données officielles de cette agence font état de 570 000 nouveaux cas mondiaux de ce cancer en 2018.

Vaccination et dépistage régulier

Selon le CIRC qui rejoint pleinement la position officielle de l’OMS, la vaccination contre le papillomavirus humain, virus sexuellement transmissible identifié comme facteur de risque du cancer du col de l’utérus, est, avec la réalisation d’un dépistage gynécologique régulier, essentielle à la lutte contre ce cancer. Car "à moins que des mesures préventives ne soient mises en œuvre rapidement, le poids du cancer du col de l’utérus devrait s’élever à près de 460 000 décès par an d’ici 2040, soit une augmentation de près de 50% sur le nombre estimé de décès en 2018", relève le CIRC dans son communiqué.

Halte aux "fake news" sur le vaccin anti HPV

Dans son communiqué, le CIRC dénonce également les "fausses rumeurs" circulant sur ce vaccin, qui ont comme effet négatif "de retarder ou d’empêcher inutilement l’intensification de la vaccination". Le CIRC appuie ainsi l’alerte lancée par la société française de colposcopie et de pathologie cervico-vaginale (SFCPCV) en janvier dernier. Celle-ci démontrait que les liens prétendus entre vaccin et risque de cancer et de maladies auto-immunes étaient infondés, erronés et nuisaient au combat mené contre le cancer du col de l’utérus.

Vacciner les filles… et les garçons ?

En France, le vaccin contre le papillomavirus est commercialisé depuis 2007 sous les noms de Gardasil® et de Cervarix®. Il concerne essentiellement les jeunes filles, de préférence avant le début de la vie sexuelle. Mais dans d’autres pays comme en Australie, la vaccination est également proposée aux jeunes garçons. Cette stratégie permet de protéger indirectement les filles et les femmes non vaccinées : les papillomavirus se transmettant par voie génitale, lors de rapports sexuels, un garçon vacciné ne risquera pas de transmettre une souche oncogène de papillomavirus à une partenaire non vaccinée.

Autre argument en faveur d’une vaccination des deux sexes : les papillomavirus sont impliqués dans d’autres pathologies et d'autres cancers que celui, exclusivement féminin, du cancer du col de l’utérus. La vaccination contre les papillomavirus protège ainsi contre les condylomes génitaux (ou verrues), les lésions précancéreuses et cancéreuses anales et les cancers oropharyngés, qui touchent aussi bien les hommes que les femmes.

Source : World Cancer Day 2019 IARC: "HPV vaccination is safe, effective, and critical for eliminating cervical cancer", Communiqué de presse du CIRC, 4 février 2019 
Infections à papillomavirus humains (HPV), Vaccination Info Service, mis à jour le 14 septembre 2018 

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