Papillomavirus : pourquoi l’Australie est en passe d’en finir avec le cancer du col de l’utérus

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L’Australie pourrait devenir d’ici quelques années le premier pays au monde à s’être débarrassé du cancer du col de l’utérus. Un scenario encourageant dû à une campagne de vaccination efficace contre les papillomavirus. 

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"L’Australie, leader mondial en matière de prévention du cancer du col utérin, est en voie d’éliminer le cancer du col de l’utérus en tant que problème de santé publique d’ici 2028." C’est ce qu’annoncent plusieurs chercheurs australiens du Cancer Council NSW de Sydney dans une étude publiée le 2 octobre 2018 dans la revue scientifique The Lancet. Une large campagne de vaccination gratuite contre le papillomavirus serait à l'origine de cette perspective encourageante.

Moins de un décès pour 100 000 femmes d’ici 2034

Les auteurs de l’étude rappellent en effet que depuis le lancement de la vaccination contre le papillomavirus chez les jeunes filles en 2007 puis pour les deux sexes depuis 2013, l’Australie se targue d’une couverture vaccinale élevée et ce chez les femmes comme chez les hommes. Et cela semble porter ses fruits : selon les modélisations réalisées par les chercheurs, "la mortalité due au cancer du col de l’utérus diminuera pour atteindre un taux annuel normalisé de moins de un décès pour 100 000 femmes d’ici 2034 et ce même si le dépistage futur n’est proposé qu’aux cohortes plus âgées auxquelles le vaccin nonavalent* n’a pas été offert".

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Malgré ce scénario très encourageant, "les initiatives de dépistage et de vaccination devront être maintenues par la suite afin de maintenir des taux très faibles d’incidence et de mortalité du cancer du col de l’utérus" notent les scientifiques. Car si la vaccination protège contre les papillomavirus, elle ne les élimine pas de la population.

Pourquoi vacciner aussi les jeunes hommes ?

Depuis désormais cinq ans, l’Australie vaccine aussi bien les jeunes filles que les jeunes garçons contre le papillomavirus. En France, seule la vaccination des jeunes filles est recommandée. Mais quel est l’intérêt de vacciner également les garçons ? La première raison est celle d’une protection indirecte des filles et des femmes non vaccinées. Les papillomavirus se transmettent en effet par voie génitale, lors de rapports sexuels. Un garçon vacciné ne risquera donc pas de transmettre une souche oncogène de papillomavirus à une partenaire non vaccinée.

Une deuxième raison vient du fait que les papillomavirus sont impliqués dans d’autres pathologies et d'autres cancers que celui, exclusivement féminin, du cancer du col de l’utérus. La vaccination contre les papillomavirus protège ainsi contre les condylomes génitaux (ou verrues), les lésions précancéreuses et cancéreuses anales et les cancers oropharyngés, qui touchent aussi bien les hommes que les femmes.

Le cancer du col de l’utérus en chiffres

Le cancer du col de l’utérus représente la 12e cause de cancer en France, avec environ 3 000 nouveaux cas et 1 100 décès par an. Il constitue la 10e cause de mortalité par cancer chez la femme en France. "Le cancer du col de l’utérus est une maladie évitable par la vaccination anti-HPV et par le dépistage qui permet de détecter des lésions précancéreuses et de les traiter avant qu’elles ne se transforment en cancer " rappelle Santé Publique France.

*Le vaccin nonavalent contre le papillomavirus est le Gardasil 9, dirigé contre neuf papillomavirus identifiés comme favorisant le développement de tumeurs.

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