Papillomavirus : les gynécologues font la guerre aux fausses infos sur le vaccin contre le cancer du col de l’utérus

Publié le 11 Janvier 2019 par Laurène Levy, journaliste santé
La société française de colposcopie et de pathologie cervico-vaginale (SFCPCV) alerte sur les informations erronées qui circulent sur le vaccin anti papillomavirus qui protège contre le cancer du col de l’utérus.
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Halte aux "fake news". La société française de colposcopie et de pathologie cervico-vaginale (SFCPCV) se met en guerre contre les rumeurs médicales dans les colonnes du Parisien le 9 janvier 2019. Cette société savante souhaite rétablir la vérité et mettre un terme aux informations erronées qui circulent sur le vaccin contre le cancer du col de l’utérus.

"Des informations erronées et dangereuses circulent sur internet"

Ce vaccin est disponible en France depuis 2007 et protège contre le papillomavirus (ou HPV), un virus sexuellement transmissible identifié comme facteur de risque des cancers du col de l’utérus. Commercialisé sous les noms de Gardasil® et de Cervarix®, le vaccin contre le cancer du col de l’utérus soulève les passions : il est accusé de favoriser le cancer et les maladies auto-immunes comme la sclérose en plaques. En décembre dernier, l’ancien député et médecin cardiologue Gérard Bapt déconseillait même aux jeunes femmes de se faire vacciner contre le HPV. "Depuis juin, et surtout la fin de l’année, des informations erronées et dangereuses circulent sur Internet et dans la presse. Ils qualifient les vaccins anti-HPV, le Gardasil® et le Cervarix®, de bombes à retardement. C’est totalement faux !" répond au Parisien le professeur Jean Gondry, président de la SFCPCV.

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Le vaccin anti-HPV n'augmente pas le risque de cancer 

La première rumeur porte sur un lien entre le vaccin anti HPV et le risque de cancer : dans les pays où la couverture vaccinale est élevée, le nombre de cancers aurait augmenté. Le Pr Gondry dénonce une manipulation des chiffres et de leurs interprétations. Ces deux observations (couverture vaccinale élevée et nombre de cancers en hausse), même si elles sont avérées, ne sont pas liées par une relation de cause à effet. Et, à l’inverse, des pays comme l’Australie où 80% des jeunes filles et 75% des garçons sont immunisés grâce à la vaccination, "la proportion de jeunes femmes de 18 à 24 ans porteuses du papillomavirus a chuté de manière spectaculaire, de 23 % à 1 % en dix ans", détaille Le Parisien. Et en Europe où le vaccin souffre d’une mauvaise presse, la couverture vaccinale est passée de 30% en 2007 à 18% actuellement et l’incidence du papillomavirus ne baisse pas. 

Le vaccin anti-HPV n'augmente pas le risque de sclérose en plaques

Deuxième information erronée : le vaccin contre le cancer du col de l’utérus donne la sclérose en plaques. Aucun lien de cause à effet n’a été démontré entre le vaccin contre le papillomavirus et la survenue de maladies auto-immunes. Une première étude menée en 2015 par l’Agence nationale du médicament et des produits de santé (ANSM) et l’Assurance maladie portant sur 2,2 millions de jeunes filles a montré que la vaccination contre les infections à HPV par Gardasil® ou Cervarix® n’entraînait pas d’augmentation du risque global de survenue de maladies auto-immunes. Une conclusion confirmée en 2018 par une étude canadienne* portant sur plus de 290 000 adolescentes.

Le cancer du col de l’utérus en chiffres

Le cancer du col de l’utérus représente la 12e cause de cancer en France, avec environ 3 000 nouveaux cas et 1 100 décès par an. Il constitue la 10e cause de mortalité par cancer chez la femme en France. "Le cancer du col de l’utérus est une maladie évitable par la vaccination anti-HPV et par le dépistage qui permet de détecter des lésions précancéreuses et de les traiter avant qu’elles ne se transforment en cancer " rappelle Santé Publique France

 

*Quadrivalent human papillomavirus vaccination in girls and the risk of autoimmune disorders: the Ontario Grade 8 HPV Vaccine Cohort Study, Liu et al., CMAJ 28 mai 2018 

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