Cancer : difficile retour à la vie normale cinq ans après

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Reprendre une activité professionnelle ou sportive, cela s'avère plus difficile après un cancer. C'est ce que montre une enquête menée auprès de personnes en rémission, révélée par l'Institut national du cancer.

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Revivre après un cancer, plus difficile qu'il n'y paraît... En France, trois millions de personnes combattent la maladie ou sont en rémission. Malgré les gros progrès des traitements sur la réduction de la mortalité, la qualité de vie continue d'être considérablement réduite dans les années qui suivent.

Comment vit-on après un cancer ? C'est la question soulevée par l'enquête VICAN5, menée par l'Inserm et dévoilée ce 20 juin par l'Institut national du cancer, lors d'un colloque. Elle s'intéresse à l'état de santé des personnes en rémission, et ce sur plusieurs années. Et le bilan n'est pas reluisant.

Des patients éreintés

44 % des personnes malades ont une qualité de vie dégradée par rapport à la population générale, ce qui est similaire aux enquêtes précédentes. L'élément qui ressort majoritairement, c'est la fatigue de ces patient.e.s. Un épuisement lié au cancer, bien sûr, mais aussi aux traitements, souvent très lourds en effets secondaires.

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Les femmes, les personnes jeunes et en situation de précarité sont particulièrement touchées par cet éreintement. A noter que les deux localisations pour lesquelles les personnes interrogées se disent le plus fatiguées (poumon et thyroïde) se démarquent par une légère amélioration (59 et 56 %). Dans le cancer du sein aussi, la fatigue recule un peu.

Pour autant, les patients et les patientes en rémission n'adoptent pas toujours les bons réflexes. Il est recommandé de manger équilibré et de pratiquer une activité physique régulière pour éviter une récidive ou un second cancer. Mais cinq ans après le diagnostic, ces conseils sont rarement mis en pratique.

Dans les faits, une personne sur trois a conservé les mêmes habitudes qu'avant le traitement. Pire : 53 % font moins de sport qu'avant, voire ont totalement arrêté leurs activités physiques. Seulement 13 % se bougent plus qu'avant.

Le difficile retour au travail

Outre cette fatigue physique, la reprise d'une activité professionnelle semble aussi difficile : le taux de chômage reste particulièrement élevé chez les personnes en rémission d'un cancer. D'après cette enquête, une personne sur cinq ne travaille pas cinq ans après le diagnostic. Sont particulièrement concernés les salariés du privés, les personnes travaillant en TPE ou encore les chefs d'entreprise.

"En tenant compte du fait que les personnes en arrêt-maladie restent administrativement en situation d’emploi, ce résultat révèle une détérioration de la situation professionnelle plus importante que celle constatée lors de l’enquête VICAN2", note l'INCa. En effet, cela signifie que les emplois sont perdus après la guérison.

En ce qui concerne le maintien de l'emploi, les choses sont un peu plus positives. Deux tiers des malades ont pu aménager leurs conditions de travail et s'en disent satisfaits. Cela reste toutefois insuffisant : l'employeur est tenu de proposer à son employé un poste adapté à ses capacités, en s'appuyant sur les recommandations du médecin du travail.

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