Avant une opération, on arrête de fumer !

Chaque année, deux millions de fumeurs se font opérer. Ce sont des sujets à risque de complications post-opératoires. Mais s'ils arrêtent leur tabagisme 6 à 8 semaines avant l'intervention, le risque est ramené à celui des non-fumeurs.
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Comme toutes les raisons sont bonnes pour arrêter de fumer, en voici une de plus, et conséquente. Les conclusions de la Conférence d'experts sur le tabagisme péri-opératoire (Cetpo) sont sans appel. Il existe une prévention simple du sur-risque péri-opératoire des fumeurs : arrêter de fumer 6 à 8 semaines avant l'intervention et respecter cette interruption pendant trois semaines à trois mois après. Le risque devient alors le même que celui des non-fumeurs, ce qui signifie une réduction de la durée du séjour en chirurgie (deux ou trois jours de moins) et du risque de passage en réanimation après l'intervention. Inversement, les fumeurs qui se font opérer ont un risque multiplié par trois de complications du site opératoire (infections, complications de la cicatrice), par 8 d'absence de consolidation osseuse, par 2 de passer en unité de réanimation et d'allonger le temps de séjour hospitalier. Ces données, en plus d'apporter un bénéfice pour les patients, donnent de sérieuses indications pour réduire le déficit de la sécurité sociale. En effet, les bénéfices financiers qui résulteraient d'une prise en charge des fumeurs en péri-opératoire seraient considérables.Les experts proposent de faire passer un message dans la population générale, disant que l'on ne fume pas en période pré-opératoire, comme c'est actuellement le cas auprès des femmes enceintes. L'incitation des fumeurs à stopper leur tabagisme et les moyens adéquats doivent également être mis en place dans les unités de chirurgie. Chirurgiens, soignants, anesthésistes et médecins traitants ont tous un rôle majeur à jouer.

Publié le 25 Octobre 2005
Auteur(s) : Dr Philippe Presles
Source : Conférence d'experts sur le tabagisme péri-opératoire (Cetpo), octobre 2005 : le Quotidien du médecin du 17 octobre 2005.