Asthme : un médicament destiné à traiter l'eczéma serait efficace

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Le dupilumab est un médicament indiqué, à l'origine, contre l'eczéma. Mais son usage pourrait s'élargir aux personnes souffrant d'asthme. Deux études ont montré qu'il réduit le nombre de crises d'asthme de manière notable.

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Aux grands maux, les nouveaux remèdes. Un nouveau médicament indiqué dans l'eczéma se montre également efficace contre l'asthme, d'après deux études parues dans le New England Journal of Medicine. Il s'agit d'un anticorps monoclonal, le dupilumab – vendu sous le nom de Dupixent®.

Ces travaux ont été menés sur un peu moins de 2 000 patient.e.s, souffrant d'asthme d'intensité modérée à sévère. Pour contrôler les crises, des inhalateurs étaient prescrits. Dans certains cas, le recours à des glucocorticoïdes (prednisolone, etc) était nécessaire pour stabiliser la maladie.

En plus des traitements habituels, la moitié des patients a reçu, sans le savoir, un placebo. Les autres ont testé le dupilumab, qui cible des molécules responsables de l'inflammation. L'objectif était de voir si ce médicament injectable permettait de calmer la progression de la maladie, ce qui échoue dans un cas sur cinq.

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Moins de crises d'asthme

En ce qui concerne les crises d'asthme, le recours au dupilumab livre des résultats concluants. Leur fréquence est divisée par deux, par rapport aux volontaires sous placebo. L'anticorps se montre particulièrement efficace chez une population spécifique, présentant un grand nombre de globules blancs (polynucléaires éosinophiles) dans le sang.

Dans ce groupe, plus sévèrement atteint, la fréquence des crises est réduite de deux tiers. Ces résultats doivent être salués. Mais aux yeux de deux spécialistes signataires d'un commentaire associé aux études, l'objectif principal est manqué.

"Bien qu'ils réduisent le nombre d'exacerbations, aucun anticorps, même ceux ciblés sur les groupes les plus susceptibles d'en bénéficier (…), n'a éliminé les exacerbations chez l'ensemble des patients", notent Jeffrey Drazen et David Harrington, biostatisticiens américains.

Moins de traitements de fond

Mais l'impact positif du dupilumab ne s'arrête pas là. Le traitement a, sans surprise, réduit le nombre d'hospitalisations provoquées par l'asthme. Mieux, il a amélioré la capacité respiratoire des participants.

"C'est important, parce que ces patient.e.s ont une maladie chronique invalidante qui, avec le temps, dégrade le fonctionnement des poumons", rappelle Mario Castro, principal auteur d'une des études. Et aucun médicament actuellement disponible ne permet d'interrompre ce processus.

Si ces bons résultats se confirment, il serait même envisageable de se passer de glucocorticoïdes, qui maîtrisent les symptômes les plus sévères mais favorisent aussi le retard de croissance, le diabète ou encore l'ostéoporose.

Dans le cadre de l'étude, la moitié des patient.e.s ont pu se passer de prednisolone et bon nombre ont divisé les doses par deux. A l'heure actuelle, quasiment un patient atteint d'asthme sévère sur deux doit prendre ces médicaments.

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